
Plus de 15 piges que le style jazzy et cinématographique de Roc Marciano fait son chemin en dehors des sentiers habituels du hip-hop aux Etats-Unis. Discret mais bosseur, le mc continue en 2026 a poser sur des sons qui s’écartent volontairement de la guerre du rythme que se livrent anciens et nouveaux dans le game. Roc ne suit que son propre rythme, en élaborant ses instrus lui-même à la maison, en produisant sa musique comme il le souhaite et quand il le souhaite. Niveau thèmes, il continue à parler ici de ce qu’il connaît. La rue et ses travers (les guerres intestines, l’individualisme, les drames, les trahisons), la solitude de l’artiste (comment se positionner, comment se renouveler, comment ne pas se perdre), les relations interpersonnelles, et place ça et là quelques moments plus légers. Musicalement, on est toujours sur ces samples soul / funk / jazz à l’ancienne bricolés à la maison et jouant sur les silences, avec une patine qui sent la tradition. Clairement, ça ne parlera pas à tout le monde, et si vous cherchez un hit ici, vous n’en trouverez pas. Pourtant, les vieux briscards comme moi seront peut-être tentés d’élire un « Childish things » comme l’un des titres les plus excitants écoutés depuis un moment. « 656 » est court, et ses instrus partagent un style et un air de famille entre eux déjà, et avec le reste de sa discographie. Oui, Roc Marciano a son truc, et creuse son propre sillon de disque en disque. Mais il est maître de ce son comme de son destin, l’un des derniers représentants d’un rap grime vérité, celui où les protagonistes ne se sentent pas obligés de s’inventer une vie et de faire un concours avec le voisin pour une poignée de likes. Un seul featuring bien choisi (avec Errol Holden sur deux titres), pas de tape à l’oeil, pas d’effets fous, juste du bon hip-hop et une production ramassée et propre.






