
Formé en 2020 à Turin, Ponte Del Diavolo s’appuie sur les expériences et influences de ses membres issus de pas mal de formations (Feralia, Inchiuvatu, Abjura et Askesis) pour bâtir une cathédrale de metal hybride. Leur style, ils le qualifient de blackened post-punk, mais je ne l’aurais pas forcément appelé comme ça. Comment alors ? Bah, euh, j’t’en pose des questions moi ? Non, mais ok, il y a bien des vocaux plutôt black, quelques ambiances plus post punk, c’est clair. Mais on y trouve aussi des influences bien doom, voir gothic metal, et des plans de guitares plus metal alternatif. Avant-garde ? Oui, on se rapproche. Ah, et oui, il y a deux basses ici. Et si en plus on rajoute que la plupart des titres de l’album sont interprétés en italien et qu’on y trouve aussi ici du trombone, là du theremin, là encore de la clarinette, vous aurez compris que le groupe a à coeur de proposer quelque chose de très personnel, une expérience qui marque. Et c’est vraiment l’impression que ça m’a fait à la première écoute forcément distraite et ultra-rapide, celle grâce à laquelle je détermine si oui ou non je donne la chance (ou pas) à un disque d’être chroniqué ici. « De venom natura » est donc différent. La voix de Erba Del Diavolo est à la fois claire et mouvante, se détachant du reste, amenant un petit feeling old school heavy metal / cold wave mais pas non plus trop marqué, chargée d’une théâtralité certaine. La basse… Bah forcément, amène du groove déjà, alors deux ? La guitare sonne tantôt classique, empruntant des sonorités metal extrême, tantôt plus aventureuse et rock. La batterie, elle, est appliquée et plutôt sage, peut-être trop parfois. L’ensemble a un son vraiment spécial, un son qu’on ne peut pas vraiment dater et qui le rend intéressant. Il est cependant dommage que certaines mélodies soient un peu en-dessous du brio de l’ensemble des interprètes parfois. Et que le groupe ne joue pas un peu plus sur l’originalité de la présence de certains instruments ; les titres présentant des cuivres, par exemple (et en particulier « Spirit, blood, poison, ferment ») sont délicieux. Mais allez, on prend quand même assez notre pied ici (« Il veleno della natura » est aussi une bombe, et d’autres montrent de belles choses) pour s’autoriser à penser que Ponte Del Diavolo pose sur ce second album les bases d’une révolution à venir… A noter que le groupe termine le disque par une reprise du « In the flat field » de Bauhaus, qui pourra convenir même à celles et ceux qui n’aiment pas forcément l’original (je suis là !).






