
Quand j’ai chroniqué le deuxième album des portugais en 2020, je ne m’attendais pas à ce que le groupe connaisse une telle progression et une telle hype. Bon, bien sûr, tout est relatif, mais quand même ; parti de là où il est parti, il en a quand même arpenté du chemin ! Aujourd’hui donc, on a droit à son premier album chez Century Media. Le groupe s’y affranchit encore plus de son style de départ ; on hésite même à qualifier ici sa musique de post black metal tant on peine à y voir une trace de style extrême. Oui, ça a l’air d’un reproche, je sais. Mais “Loss” sonne globalement plus comme un disque de post metal tout court. On y trouve des refrains en chant clair, des riffs un peu plus galopants (on est pas en terrain heavy metal quand même, rassurez-vous), des plans plus rugueux et rudes, mais aussi des aspects très mélodiques. Forcément, “Loss” risque d’être accueilli plus fraîchement par les fans de la première heure et ceux qui avaient accroché aux côté les plus sombres et torturés du groupe. Mais chaque album a représenté un pas en avant pour les cinq pyjamasques, alors il n’est pas si étonnant aujourd’hui qu’ils en soient arrivés là. “Pas si” mais un peu quand même ; j’avoue que quand “LBRNTH” arrive, je vérifie que le titre n’appartient pas plutôt à une liste de titres suggérés plutôt qu’au quatrième opus du gang. Et pour les autres, il est vrai que le son de Gaerea prend des teintes bien plus claires et accessibles ici. La voix brutale sonne plus thrashcore, la puissance des riffs est un peu gommée par une production très ronde, les aspects les plus cinématographiques sonnent à présents plus classiques… Bref on peut avoir l’impression que tout est un peu plus lissé, plus propre, plus sage. En fait, on s’est habitué à la finesse et richesse de composition du groupe, à son talent, et c’est dommage. En fait, le groupe ne s’est pas assagi mais il suit une route depuis ses débuts qui le conduisait forcément vers des choses plus évidentes mais pas moins recherchées. Juste, ici, le groupe parvient à rendre plus optimal chaque partie de sa musique. Est-ce si grave ? Quel que soit votre ressenti à la première écoute, remettez ça et concentrez-vous sur les détails. Vous capterez alors toute la richesse de “Loss”. Je n’arrive pas à en extraire quelque chose, non pas parce qu’il n’y a pas de moment fort ou que c’est un “tout”, mais parce que chaque titre contient quelque chose de fort. Alors, moins bon ce Gaerea ? Certainement pas !






