
Parfois le nom d’un groupe participe vraiment au fait qu’on ait envie d’en découvrir la musique. On en a ici un exemple frappant. Bien sûr, son mélange entre metal progressif, metal alternatif et post hardcore aurait peut-être trouvé un autre chemin pour m’atteindre tôt ou tard. Mais je suis content qu’il l’ait fait de cette façon. Parce qu’en plus, du coup je ne m’attendis à rien de particulier de la part du groupe. Jamais entendu parler de ces danois avant. « With all that’s left » est pourtant leur cinquième album. Les musiciens ayant traversé pas mal d’épreuves dernièrement, bonnes (paternité, changements divers) ou pas (deuil, perte de repères, lassitude), il s’en est servi pour construire ce disque autour du thème général de la reconstruction et de la résilience. L’occasion surtout pour la formation de verser encore plus de sensibilité et de subtilité dans une musique déjà très nuancée et colorée, mais apparemment plus chargée de technicité sur ses œuvres précédentes. Je dois dire qu’à ce niveau l’introductif « With all that’s left » et son pizzicato bientôt doublé par un riff puissant, lui-même remplacé par un chant très expressif (on se croirait chez un artiste pop) fait très fort. Un titre marquant, qui étale tout le talent de Cold Night For Alligators. Mais le groupe n’a pas tout donné, et le prouve avec « Dance for you » et son refrain terrassant. A côté, j’avoue que « I am only fear » paraît un peu plus fade. L’album est un voyage entre un metal progressif plutôt soft et moments plus riches en force et en émotion. Mes autres chouchous de l’album sont « These blind spots », « Bittersweet echoes », « Astonishing » et « Melancholy waves ». Ce qu’on en retient volontiers, c’est la voix de Johan Pedersen, qui porte les titres à un tout autre niveau et permet au commun des metalleux que nous sommes de profiter d’instants de douceur au sein d’un style quand même éloigné de la pop mainstream. Mais vous l’aurez compris, Cold Night For Alligators a beaucoup à offrir, et je ne vous ai pas évoqué la richesse des arrangements des 10 titres qui composent cet album, allant chercher ici des breaks très metal, là des éléments électroniques, ici des cordes, un saxo… Bien sûr, tout ça a déjà été expérimenté en d’autres lieux et d’autres temps, mais le groupe parvient toujours à en faire quelque chose sinon de novateur au moins de très judicieux et malin à ce moment du titre. Alors non, le disque n’est pas parfait, et quelques pistes sont moins impactantes. Mais l’ensemble est vraiment enthousiasmant.






