
Oubliez les bons sentiments et fermez les volets pour ne pas voir le beau soleil qui pointe dehors ; aujourd’hui je vous emmène faire un tour dans le glauque et monochrome univers du depressive black metal, avec le sixième album du projet ukrainien Blade and Bath. Derrière lui, un certain Denis qui joue de tous les instruments, compose et chante. Et s’avère extrêmement prolifique. En effte, depuis sa création en 2020-2021, « Brutal fantasies » est le sixième album de Blade and Bath. Oui, vous avez bien lu. Si le disque comporte des titres aux noms assez évocateurs comme « Violence », « Absolute hatred », «Time bomb » ou « Plague », on se rend rapidement compte qu’au niveau des paroles comme de la musique, tout est plus mesuré. Des passages blackgaze se font régulièrement jour, et surtout, on note un travail de la guitare qui va chercher l’émotion dans un toucher empreint de feeling et d’une mélancolie profonde. Si on ne connaissait pas les thèmes qui habitent les titres (haine de soi et du monde, ressentiment, anxiété, désespoir, santé mentale…) certains pourraient même (bon, ok, faudrait changer la ligne de chant aussi) passer pour des slows. Après tout, quoi de plus romantique que la mort ? Bon, j’avoue que justement ce côté un peu trop blackgaze et mesuré me pèse parfois sur quelques titres (comme sur « The mirror man » ou « Time bomb ») . Et que je trouve, du coup, l’artwork un peu mensonger sur ce qu’on va trouver ici. Et que le disque souffre peut-être d’un léger déséquilibre entre les différentes ambiances. Mais dans l’ensemble on sent Blade and Bath investi dans son art et soucieux de l’amener à un autre niveau que chez ses petits camarades. Alors qu’on adhère ou pas on ne peut nier qu’il y parvient et qu’il propose autre chose que ce qu’on connaît déjà.






