
L’emo / punk, c’est un genre que je ne fréquente pas forcément assidument, mais que j’apprécie. Il y a quelques années, lors de l’apogée du genre, un Bayside avait réussi à me faire plier grâce à son écriture à la fois catchy dans ses mélodies et d’une justesse qui résonnait en moi dans ses textes. Mais ça reste des moments rares et fugaces, il faut bien le dire. Bad Neighbour est un groupe relativement jeune (fondé en 2019) qui nous vient de Brisbane. Et vous vous en doutez, si je vous ai parlé de Bayside, c’est que quelque chose ici m’y a fait penser. Musicalement, oui bien sûr, on trouve aussi ici des humeurs emo / punk / rock / post hardcore qui s’y rapportent. Mais c’est surtout dans l’intention que je le sens. Bad Neighbour tient à exprimer ses sentiments de la façon la plus sincère possible, jouant la carte de l’intime dans ses textes… et ça se ressent forcément à l’interprétation. Ainsi, le premier titre « Mean faces » est pour moi un parfait mélange d’énergie et d’émotion. « Rush apart » est aussi assez fort mais sort un peu plus les griffes, et je ne suis pas totalement persuadé que les screams soient nécessaires ici. C’est d’ailleurs le cas pour l’ensemble des titres de l’album, au demeurant très bon ; j’ai beau rester un metalleux, je pense que ça éloigne un potentiel public de la musique de Bad Neighbour et que ça crée une barrière même pour les autres. « Burns from the Xrays » est considéré comme une grande chanson d’amour par son artisan Cooper Riley. Mais pas de l’amour au sens premier, entre deux personnes. De l’amour pour sa vie à un instant T, avec un besoin de l’exprimer avant qu’elle ne s’échappe, parce qu’on sent déjà que c’est le cas. Ce moment, c’est la transition de l’adolescence à l’âge adulte, qui, on est d’accord, peut se faire à des périodes différentes chez les hommes lol. Les relations changent, les attentes se précisent, les aspirations évoluent, et on sent ce vent qui vient petit à petit en balayer une partie, conscients qu’on ne les retrouvera probablement jamais. Triste ? Peut-être. Mais c’est la vie, et elle fait de la place pour autre chose. On y parle plus généralement du temps qui passe et qui nous fait évoluer. Cette mélancolie, on la sent poindre ici, mais elle est également empreinte d’une forme de légèreté et d’insouciance. Bref, c’est très thématique, et c’est ce qui fait probablement qu’on s’attache au disque alors que, concrètement, on en connaît déjà bien les composantes. En tout cas, les « I can’t look for you », « If it had a face », « In homes » et « Vince pope » y gagnent un certain charme. Alors non, « Burns from the x-rays » ne m’a pas retourné la tête comme « Bayside » l’a fait en 2005, mais peut-être Bad Neighbour serait-il en capacité de le faire plus tard !
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Bad Neighbour – Burns from the X-Rays Lyrics and Tracklist | Genius






