
Le duo biélorusse Dymna Lotva m’avai positivement surpris en 2023 avec son troisième album. A l’époque, le groupe venait de fuir son pays natal pour se réfugier en Ukraine, et ce disque était en partie hanté par cet exil forcé et la guerre. Depuis, la vie du groupe a encore changé, et pas qu’un peu ; deux membres supplémentaires, et un nouvel exil de l’Ukraine qui les a accueillis les bras ouverts vers la Pologne. Ce déracinement, c’est le sujet central de ce quatrième opus. Plus le combo avance, plus il gagne en maturité et en ouverture sur le monde aussi ; pas étonnant donc que son style s’enrichisse à chaque chapitre. On parlera donc encore plus de post metal ici, même si l’opus précédent montrait déjà des signes évidents de perméabilité, avec son mélange post rock / doom / black / dark. Tout ça s’envient (comme diraient nos amis québécois) forcément avec une réputation grandissante. Qui leur permet aujourd’hui, excusez du peu, d’accueillir Aaron Staintorpe (ex My Dying Bride) sur un titre, et Ingvarr de Schreigarm sur un autre (les deux seuls avec un texte en anglais). L’incursion de sonorités électroniques est bien gérée ici, ils arrivent sans jamais faire paraître le disque « cyber-je sais pas quoi », en conservant vraiment la patte un peu étrange et théâtrale de Dymna Lotva. Le travail de composition est vraiment intéressant. Plus de profondeur, plus d’ambition, tout en conservant les tics guitaristiques typiques et structures mouvantes du groupe. Concrètement, le disque reste très progressif, extrêmement riche mélodiquement et structurellement parlant. Encore une fois, il aura toutefois du mal à conquérir un public réfractaire au metal extrême du fait de ses belles accointances black metal (notamment la voix de Katsiaryna « Nokt Aeon » Mankevich), mais c’est pourtant, plus encore que pour « The land under the black wings : blood » (oui oui, c’est le titre en anglais, épargnez-moi les caractères cyrilliques s’il vous plaît). Rayon curiosité, je me demande pourquoi le groupe a choisi « The boat of despair » plutôt que « Ustan za mianie » pour accueillir le vocaliste anglais, tant je trouve que ce titre, déjà très bon, y aurait encore plus gagné. Mais bon, je ne vais pas faire la fine bouche : « Vyraj » est déjà vraiment excellent, d’une richesse folle, et son écoute prolongée ne sera pas une option pour les amateurs d’albums originaux en domaine metal extrême ; Dymna Lotva est vraiment une formation talentueuse dans ce domaine.
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