
Shearwater est un groupe de renom, avec une assise certaine dans le domaine de l’indie rock américain. Mais pour autant, je ne m’y suis jamais intéressé. Parce que j’avais l’impression qu’il était un peu trop arty, un peu trop précieux et maniéré pour moi. Et bon, une fois ce nouvel album écouté, je peux vous le dire ; oui, il l’est un peu, quand même. Il porte une élégance certaine, une forme de mélancolie racée, entre la pop baroque, le rock progressif et quelque chose de jazz / folk / crooner typiquement ricain. Shearwater est une énigme, c’est un fait. On y trouve pas mal de choses, une simplicité apparente qui cache (mal) une complexité des émotions et des arrangements, une idée précise de comment doit sonner chaque titre qui ne correspond pas forcément à la même qu’a le commun des mortels (et votre serviteur), mais au final une personnalité assez unique. « Even song », c’est une rencontre à laquelle je ne m’attendais pas. En fait c’est simple je ne m’attendais à rien. Et là, elle débarque, me désarçonne, j’y trouve plein de choses que j’aime, de la beauté, de la mélancolie, de l’évidence mais jamais de facilité ou de vulgarité. On croirait que je parle de la rencontre avec une femme… Non, ça c’est ma vie privée les amis. Mais la musique, ça peut être aussi magique. Et de la magie, on va en trouver pas mal ici. Hormis le premier titre, « Daydream unbeliever », « The only sound I’m afraid of » (qui me fait un peu penser à l’univers de Woven Hand dans le feeling), et « Anamnesia », à un moindre degré « The high ranges » se défendent pas mal à ce niveau. Sur neuf titres en tout, c’est déjà pas mal du tout, et bien assez pour justifier de se lancer à corps perdus dans l’écoute de ce bel album !






