
Sur son premier album chroniqué par ici, les australiens de Lumen Ad Mortem m’avaient déjà impressionné par leur propension à s’extirper de la matrice black atmosphérique pour proposer autre chose tout en restant assez typé. L’air de rien, et d’autant plus avec un premier album, c’est un exploit. Alors oui, j’attendais beaucoup, peut-être trop, de ce deuxième opus. Et il se trouve que… j’ai eu raison. Bien sûr, le gap entre les deux n’est pas si énorme ; le groupe progresse à son rythme, restant dans les parages stylistiques de sa première œuvre, forçant peut-être un peu sur le trait par moment, affirmant sa musicalité. Mais dès l’incipit « What was lost », je retrouve la puissance du groupe. Et pourtant, il ne s’agit que de l’intro. « The departed », lui, fait plus qu’enfoncer le clou. La puissance du black, une orchestration riche, fine et intelligente, une intensité qui fait vibrer l’âme, impossible d’y résister. Et ce piano en fin de parcours… magistral. Et ce n’est pas un one-shot ; le groupe remet ça quasiment à chaque titre, même si on restera surtout marqué par le dernier titre « And what is yet to lose » au développement long (c’est le plus long titre de l’album, totalisant plus de 10 minutes). « A grave ascent » fait donc preuve d’une maîtrise époustouflante, le groupe a bien misé sur ses qualités et les a accentué sur ce nouvel opus. Niveau thèmes, Lumen Ad Mortem évoque la perte et la résilience, avec pour fil rouge une mort réelle ou métaphorique. Décidément, les groupes de black dans l’ensemble sont bien moins portés sur les sujets classiques du genre et l’apparat sataniste de base. Ce qui est plutôt mature. Mais est-ce que le black doit être mature ? C’est une autre question. En attendant, voilà un disque assez énorme pour les fans du genre !
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