EIHWAR : Hugrheim

dans le petit monde du neo folk / pagan folk dominé par des formations capabels de réaliser des chefs d’oeuvres (coucou Wardruna !), il faut maintenant bien jouer des coudes pour se démarque, et ça, Eihwar l’a compris. Avec ce deuxième album, le duo qui qualifie sa musique de “viking war trance” dès son premier album en 2024, persiste et signe dans un style qui mêle pagan folk et electro dark. Un style qui parlera tout à fait aux amateurs de metal de par ses ambiances et sonorités mais qui ne contient pour autant aucun élément de ce courant. Energique mais pas festif, guerrier mais pas agressif, sombre mais pas déprimant, “Hugrheim” est à l’image d’un groupe qui a décidé de s’inspirer de, mais de ne pas faire comme les autres. Ce titre, il évoque quoi d’ailleurs ? Et bien, tout simplement le10e monde caché d’Yggdrasil, lieu où se passe l’action de cet album. Ah, mais ne commencez pas à compulser votre précis de mythologie nordique (d’ailleurs Eihwar est français, pas scandinave) ; il s’agit d’une invention du groupe. Eihwar a également compris que rien ne servait d’inonder un public déjà connaisseur de références ; lui crée son propre vocabulaire musical, son propre univers aussi. Les membres se sont inventé des personnages eux-mêmes en quête d’identité ; ça leur assure de pouvoir continuer à créer et broder autour de leur propre histoire à l’infini. Malin. Et musicalement, alors ? Et bien on se situe à la croisée des chemins de la musique de festival / fête médiévale et de celle qu’on peut écouter à la maison en se créant son propre film intérieur. Malin là aussi. La dualité des voix (celle de Mark est plus brute et rugueuse, celle de Asrunn est volatile et épique) participe aussi de l’ambiance hybride. Bon, ceci dit, certains thèmes, aussi efficaces qu’ils soient, donnent l’impression d’avoir déjà été croisés quelque part (“Freyja’s calling” a beau être excellente, elle rappelle tout les autres titres du genre), ce qui illustre s’il en était besoin la difficulté de se faire une place dans le microcosme. Mais on en voudra pas à Eihwar qui parvient tout de même à étancher notre soif de pagan folk avec un album qui sent (déjà) l’été !

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