
Voici le type de disque hautement improbable à trouver ici. Levi Schechtmann et moi, on ne fréquente pas les mêmes cercles, et son genre de prédilection n’est pas franchement celui qui atterrit le plus souvent dans la boîte mail dédiée (que bien trop souvent je n’ai pas le temps de consulter d’ailleurs). A 25 ans, il a décidé de clairement dépoussiérer le récital de piano pour lui donner des couleurs hip-hop ou electro. Il n’est pas le seul à le faire bien sûr, mais ça n’empêche pas de saluer la performance et l’intention. Parce qu’attention, on est pas là pour rigoler sur le niveau technique. Levi est un virtuose, et il ne faut pas longtemps pour s’en rendre compte ici. Pianiste depuis l’âge de 7 ans, il a eu le temps de s’aguerrir sur bien des répertoires avant de décider de les faire se rencontrer de façon plus ou moins violente. Attention, n’allez pas imaginer qu’il maltraite les originaux ni qu’il leur soumet de gros beats ou de gros riffs. Mais ça n’empêche pas qu’il apprécie l’exercice du mash-up. Juste, il ne le fait pas par machine interposée mais bien à l’aide de son piano et de son imagination fertile. Si bien que pop culture et musique classique s’entrechoquent ici sur des rythmes jazz, electro ou hip-hop. Tout ça sonne comme une légère fantaisie pour le fan de mélanges détonants que je suis, mais je dois bien reconnaître qu’à l’instar d’un Joachim Horsley chroniqué dans ces pages, on trouve ici une fraîcheur qui fait du bien. Bien sûr, le côté bien plus rythmique d’un « Technotude » a tendance à remporter la palme pour moi, puisque s’y trouve tout ce que j’aime. Mais cette demi-heure tardivement découverte (le disque est sorti en 2025) passée avec le jeune pianiste allemand a vraiment été très agréable pour moi. La preuve, j’ai renouvelé ça à plusieurs reprises sans me lasser !






