
Traitrs est un duo de Toronto formé en 2015 biberonné à la cold wave eighties. “Possessor” est son quatrième album et arrive pile 10 ans après le premier. Au programme, une batterie électronique, une basse qui prend de la place, beaucoup de delay et des mélodies d’une noirceur amère. Et ici et là, des tubes immédiats. A ce niveau, on est vite gâtés : “Burn in heaven” est l’exemple parfait d’une chanson qu’on a déjà l’impression de connaître mais qui n’en produit pas moins un effet immédiat et durable. Le genre de titres qu’on met dans sa playlist du matin et qu’on aime chanter dans sa voiture. N’allez pas croire pour autant que Traitrs mise tout sur le rythme ou l’accroche. En fait, c’est dans l’intensité des sentiments qu’il fait naître qu’il accomplit des miracles. Ainsi, “Cold sin” est pour moi tout aussi marquant alors que concrètement, ce n’est pour le coup pas du tout un titre qu’on chantonnera dans sa voiture ! Ecrit dans une période dépressive, “Possessor” en porte les stigmates. L’ensemble du disque est plongé dans un froid hivernal, saison au cours de laquelle il a été écrit, Et les paroles s’inspirant soit de fait divers lugubres ou d’expériences personnelles non moins dures finissent le travail. Bon, et on va aussi aborder le fait que si vous êtes fans du Cure période “Disintegration”, ce disque n’est pas une option mais une obligation. La voix du Robert Smith de l’époque et de Shawn Tucker ont plus que des similitudes. Et même dans les mélodies… Comment dire ? Quand l’excellente “Dream drowning” commence, j’ai l’impression que je vais découvrir une reprise de “A forest” ! “Possessor” est un disque de niche, et par conséquent comme souvent il a une petite tendance à la redite dans ses ambiances et ses sonorités. C’est ce que les fans du groupe (dont je viens de faire la connaissance) viennent probablement chercher, alors c’est ok. Mais ça ne m’empêche pas de trouver certains titres un peu moins touchants, ce qui pour moi déséquilibre le disque. Dommage car des “Burn in heaven”, “Cold skin”, “Selfish hunger” ou “Dream drowning” mériteraient d’avoir un entourage à la hauteur de leur flamboyance.






