MAYHEM : Liturgy of Death

Mayhem a toujours été une créature étrange à mes yeux, capable de bâtir des cathédrales sonores impressionnantes mais aux pieds parfois fragiles. En tout cas c’est l’impression que j’ai souvent en écoutant les oeuvres des norvégiens. Ce septième album fera-t-il la différence ? En tout cas, c’est pour moi un plaisir de retrouver Attila Csihar derrière le micro. Ce mec a, je trouve, une présence et une aura tout simplement surnaturelles. Je l’adorais dans Aborym. Et d’ailleurs, puisqu’on en parle… je trouve clairement des accointances avec les brutes transalpines et ce « Liturgy of death ». bien sûr, il faut mettre de côté tout les aspects plus purement cyber. Mais pour le reste, on a les blastbeats non stop, le chant malsain / glacial, les brusques ralentissements qui vous plongent dans un abîme d’angoisse et de douleur… C’est un album dense, brutal, très efficace mais peut-être moins typé avant-garde. C’est du moins l’impression qui ressort à sa première écoute. Par la suite, si on s’y accroche (et c’est une évidence étant donné sa qualité), on découvre peu à peu ses qualités. « Liturgy of death » joue sur les nuances, sur les subtilités, sur la rémanence d’un mal qui semble passer en un éclair mais se terre finalement toujours dans l’ombre, et même dans l’ombre de l’ombre. Quelque chose de plus noir que le black est à l’oeuvre ici, qui s’inscrit an filigrane derrière chaque son et chaque silence. Des plans death et des passages un peu plus théatraux s’incrustent ici et là, rendant le tout un peu plus insaisissable et complexe, et faisant ressortir du lot des titres qui au-delà de ça paraissent plutot classiques en apparence, comme « Aeon’s end » (est-ce que Mayhem est ludiste ? Certains me suivent ?). Les titres sont compacts et puissants, mais en les décortiquant on pourra toujours apprécier le travail de précision du grand Hellhammer derrière les fûts (oui, je suis toujours fan de ce mec). Celui des guitares est également chirurgical et assez grandiose quand on s’y penche. Quand aux vocaux… inutile de redire tout le bien que j’en pense. Mayhem parvient donc à proposer un disque à la fois tout à fait conforme à ce qu’on pouvait attendre de lui et en même temps propice à la redécouverte disséquée. Ce n’est pas pour rien que ces mecs sont des modèles.

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