
Moodoïd, Aquaserge, Yuksek. Ces noms de projets vous disent quelque chose ? Cela fait partie de ceux auxquels Lucie Antunes a participé. De ces collaborations est née chez elles l’envie orrépressible de façonner son propre style musical, très personnel. Oui, je sais, je le dis souvent ça. Mais « Silence » le justifie amplement. Electro, musique contemporaine, capillotractage, « Silence » est un drôle de mélange de concepts et de sons. De la musique autant à vivre qu’à écouter. Et pas que de la musique d’ailleurs ; « Silence » est entrecoupé de paroles (oui, c’est paradoxal). Une sorte d’album concept dont le concept demeure un peu flou, du reste : on part du silence pour créer, de la création pour se renouveler, du renouvellement pour mieux s’oublier et se réinventer. Tout ça est développé non pas « que » comme un album mais comme une expérience artistique complète. Lucie Antunes a collaboré avec une chorégraphe (Mathilde Monnier), une poétesse qui a donc écrit les textes (Laura Vazquez) et un producteur plutôt electro (le nordiste Canblaster de Club Cheval). C’est un disque dont le déroulement est pensé, millimétré, où rien n’est laissé au hasard mais un peu tout à l’interprétation. Certains titres sont assez obsédants dans leur rythme, dans leur musicalité jouant de répétitions. D’autres jouent au contraire la carte du minimalisme. La production lisse tout ça, donnant l’impression d’une unité qui en fait n’est pas vraiment là. Faux-semblants, faux-fuyants, mais sans faux-pas ; « Silence » est une véritable expérience, de celles qui marquent de par leur audace et leur personnalité. On y comprend pas forcément tout, mais on y revient forcément, parce qu’il y a quelque chose de vraiment unique à l’oeuvre ici.
Lucie antunes (@lucie_antunes) • Photos et vidéos Instagram






