
En dehors des sphères metal et punk hardcore, on ne parle pas vraiment de splits albums mais de collaborations. Quoi qu’il en soit, ce « Arise » est bien un travail à quatre mains (ou plus) entre Helicon, une formation psyché venant des environs de Glasgow, et Al Lover, un producteur et dj américain de Los Angeles. Comment ce petit monde s’est rencontré ? Tout simplement par le biais du label Fuzz Club. Helicon faisait partie du roster, et Al Lover remixait régulièrement les groupes du label. Chacun a vu dans cette union l’opportunité d’amener un peu plus loin son propre son. Bon, maintenant je vais un peu casser le mythe. Parce que si oui, il y a bien eu échange d’idées et rencontre artistique, on est plus dans les années 70, et cette expérience unique a d’abord rencontré les limites de la décence financière et logistique. Echanges de bandes à distance, travail chacun de son côté ont été les premières étapes. Puis, tout de même, ces gens se sont rencontré pour finaliser le travail. A quel point les titres ici présents étaient avancés, ça je n’en sais fichtre rien. Mais selon les déclarations de chacun, ça a été une véritable aventure humaine, une rencontre qui a fait sens. Et même sans connaître les productions propres de chacun, on peut facilement deviner ici ce que les deux entités ont apporté dans leurs bagages ; Helicon les mélodies entêtantes, les motifs purement psyché et les éléments rock appuyés (pas si fréquents en territoire psyché d’ailleurs, et là ça fait du bien), Al Lover la faculté à transformer ça en quelque chose qui sonne bien plus actuel et plus hybride, en y intégrant ici de l’electro, du dub ou juste en détournant juste ce qu’il faut les sonorités psyché auxquelles on s’est habitué pour les faire sonner autrement. Et finalement, l’impression que ça donne, c’est effectivement d’avoir affaire à autre chose. Tout n’est pas exempt de longueurs ou de passages moins convaincants, mais dans l’ensemble, je dois bien dire que ce melting pot parvient pour moi à gommer un peu ce que je reproche d’habitude aux disques du genre ; une trop grande linéarité. Bien sûr, ma sensibilité me pousse à plus apprécier encore les titres les plus rock de la galette comme « Backbreaker », « Tabula rasa » ou « It won’t stop », même si un « Midnight mass » a également toute mon affection. Le piège, c’est que si demain chacun repart de son côté en reprenant le cours de sa vie normal, celles et ceux qui auront découvert les formations ici risquent d’être désappointés sinon déçus. C’est ma crainte pour ma part. En attendant, j’applaudis cette réalisation commune !






