DIMMU BORGIR : Grand serpent rising

Je l’avoue, même si j’ai été un grand admirateur de Dimmu Borgir à une époque, j’ai beaucoup de mal à réécouter ses oeuvres passées, et je trouve qu’elles ont globalement pris un méchant coup de pelle avec les années. Et le “Eonian” de 2018 ne m’a pas vraiment rassuré sur la capacité du gang à faire face au progrès. Alors ce grand retour, oui, je l’espère flamboyant, oui j’ai envie qu’il me fasse dire “ah oui, c’est quand même un sacré groupe”, mais j’ai un peu de mal à y croire. On commence par une longue intro en bonne et due forme qui s’avère à la fois classe et classique. “Ascent” pose un style qui effectivement rappelle le Dimmu Borgir d’avant, mais en esquivant précautionneusement tout ce qui pourrait sonner ringard, et en appuyant sur le côté rugueux. Rugueux mais pas bestial, la nuance est là. Car ici la violence ne se départit jamais de sens et de mélodie. Les aspects les plus orchestraux du combo sont toujours présents mais le tout sonne moins pompeux la plupart du temps. La plupart, car parfois, les claviers ont quand même tendance à rappeler un peu trop les origines temporelles de Dimmu Borgir. Pas au point que ça en devienne cringe, mais on s’aventure pas loin quand même. Heureusement, les norvégiens ont bien étudié la concurrence et pris un peu plus racine dans leur époque et savent aussi proposer des plans et sonorités plutôt modernes. Et ça peut vraiment bien matcher avec les attentes des blackeux d’aujourd’hui comme sur “Ulvgjeld & blodsodel”, “Phantom of the nemesis” ou “The exonerated”. Globalement, “Grand serpent rising” est une véritable réussite, je dois bien le reconnaître. Bien sûr, j’aurais aimé qu’il se montre un peu plus virulent par moments. Le but était ici de réunir toutes les époques de Dimmu Borgir en un disque. Apparemment, les gars n’ont pas pigé qu’on ne tenait pas trop à certaines. Naaan, je suis vilain, mais en fait ce neuvième opus est vraiment bon, et met toutes les chances de son côté pour réconcilier les ex amateurs avec le son du groupe. L’absence de Garm ne s’y fait même pas sentir, c’est dire ! On appréciera aussi, pour le côté puriste, la présence de titres chantés en langue maternelle. Et une fois éclusées les 69 minutes du disque (on avait pas vu venir cette ref de coquinous) et passée la très belle outro “Gjoll”, on hésite pas à se les repasser pour vérifier qu’on a pas rêvé. Et non : Dimmu Borgir est vraiment revenu aux affaires. Cool !

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Paroles de l’album

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