ART D’ECCO : Scheele’s Green

Avec un nom comme ça, on peut s’en douter, Art D’Ecco n’est pas l’artiste qu’on croise à tous les coins de rue et qui propose un genre propice aux bâillements. Le canadien se propose depuis ses débuts de faire cohabiter glam rock, post punk, rock indé, pop racée. Le titre de cet album fait référence au vert de Scheele, un pigment synthétisé en 1775 par le chimiste Carl Wilhelm Scheele. On s’en fout ? Non, justement parce que ça a un rapport certain avec le thème et aussi indirectement avec la musique. Le vert de Scheele était très prisé et recherché pour ses vertus décoratives, mais sa fabrication utilisait de l’arsenic et provoquait donc des intoxications. Ce mélange entre beauté et autodestruction, c’est ce qu’explorent les textes. Et musicalement, on est donc sur un mélange entre volupté et agression. Attention, rien de metal ici, mais les sonorités n’hésitent pas à nous bousculer un peu, que ce soit côté noisy ou expérimental ou punky. Le premier titre « The death of indie » est d’ailleurs pour ça assez trompeur, démarrant de façon assez post punk frontal. Sur « Like Trilby », on a presque l’impression de ne plus être face au même combo. Pour tout dire, si j’avais débuté l’écoute par ce titre bien plus inconfortable mélodiquement et indie pop, j’aurai peut-être reculé. « Catch 22 » est bien plus convainquant tout en conservant un gros penchant indie rock. « How real was real » amène un côté rock n’ roll assez rafraichissant. « The wolf » est en revanche loin de sortit les crocs, on s’y ennuie presque. « Scheele’s green » pose un univers plus progressif et funky à la fois : un paradoxe permanent. « Disappear here » sort le saxo au sein d’un titre très glam. « Break & enter » repart vers quelque chose de plus posé et pop, certainement trop pour moi. « Beware of dog » ne mord pas franchement mais reste bien plus rock et fonctionne immédiatement. « Darien gap » fait redescendre la pression avec un mood bien plus tranquille, là où « Ending for beginners » est bien plus aventureuse et remuante. « Scheele’s Green” n’est donc pas de tout repos, mais propose un voyage qui s’avère assez prenant et surtout surprenant !

Instagram

Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *