
Comme son nom ne l’indique pas du tout (mais le titre de son album oui, ok), Ivoire est Italien, et s’inscrit dans une mouvance post metal. Né en 2021 dans une période très tourmentée émotionnellement parlant pour son leader et guitariste Nicolò Lenoci, Ivoire a été le moyen d’expression principal de ce mal-être. « Uragano » c’est ça ; une tempête émotionnelle, un disque cathartique aux puissants retentissements personnels pour son auteur. D’ailleurs, ce n’est qu’avec le temps que le groupe en est véritablement devenu un. Il compte aujourd’hui cinq membres, mais l’album n’a été enregistré qu’avec trois. Le metal d’Ivoire emprunte à la fois au sludge (c’est évident), au black metal, au doom, au metal atmosphérique… bref, on le classera facilement post metal, parce que c’est quand même plus simple. Mais concrètement, ça ressemble à quoi ? Des titres plutôt longs ; pas moins de huit minutes pour chacun. Des murs de guitares massifs. Des rythmes plutôt mid-tempo / doom entrecoupés de passages atmo / ambiant. Une voix plutôt black. Une musicalité qui n’hésite pas à chercher « ailleurs », comme pour le saxo de « Sotto la cenere », même si ça reste rare. Et une émotion vraiment palpable. Conflits intérieurs, solitude, effondrement, douleur sont au coeur des textes des cinq titres de ce premier album. Les titres sont puissants, profonds, ils vous plongent au coeur d’un vortex d’émotion. Même sans en étudier les textes, même sans en connaître la signification, on ressent vraiment ce que Ivoire cherche à magnifier ici. Les musiciens jouent beaucoup les changements de rythmes, les effets post rock, les silences et les répétitions, et c’est une bonne idée, en tout cas c’est très efficace pour installer l’ambiance. Les éléments utilisés ne sont pas inédits, mais « Uragano » reste un très bonne proposition qui pourra parler à la fois aux amateurs de black et de post metal.






