
Arrivé sur la scène en 2008, Necrotted évolue dans un death metal technique qui se nourrit également d’éléments black metal et deathcore. Un style moderne et brutal qui donc ne diffère que peu avec la horde des formations actuelles. Mais qui lui a tout de même permis de s’en extirper pour être perçu comme l’un des fers de lance de la scène. En grande partie grace à des qualités appréciées ; un certain sens de la mélodie, une jolie alchimie entre les différents types de chant, une incursion futée des ambiances et du riffing metal noir,et des textes qui ne cherchent pas à singer qui que ce soit mais reflètent la personnalité réfléchie du groupe, entre engagement et recul sur le monde. Et sur ce sixième album, ils prouvent en plus qu’ils ont un carnet de contacts fourni et alléchant. Le featuring sur des disques de metal extrême est certes plus répandu qu’il y a dix ans en arrière, mais là on atteint un autre level. Voyez plutôt ; Aborted, Mental Cruelty, Distant, Gutalax, Coffin Feeder. Pas mal quand même ! Bon, ok, certains passages ou titres (comme « Holy shit talker ») manquent un peu de souffle pour moi, s’avèrent un peu trop directs par rapport au reste. Mais l’ensemble du disque est quand même puissant et excitant. Il est à noter qu’il est également assez court, ce qui renforce l’impression d’un style compact et heavy à souhait. Le concept de l’album est résumé dans son titre ; ivre de son hégémonie sur Terre, l’homme se prend pour un Dieu, mais sans avoir conscience que son « pouvoir » le pousse de plus en plus sur la voie de l’autodestruction. C’est là le sens de « The best and the worst of times », « Radiant ransom » et quelques autres : on est jamais aussi bien désservi que par soi-même. On est loin des concepts centrés sur le gore et la perversion ; Necrotted cherche plutôt à éveiller les consciences, pour peu qu’il soit encore temps de le faire. Vous l’aurez compris, ici la forme comme le fonds sont importants : on saluera d’ailleurs aussi le côté polyglotte du groupe. Très bon !






