WORM : Necropalace

Je n’ai pas l’insigne honneur de connaître Worm, projet de metal extrême américain pourtant déjà auteur de quelques œuvres et ayant vu le jour en 2010. Mais en regardant cette pochette avant même de lancer l’écoute de « Necropalace », puis en découvrant l’intro « Gates to the shadowzone », je suis propulsé des années en arrière, dans la glorieuse époque où Dimmu Borgir et d’autres formations trustaient les charts du black symphonique (pour peu qu’ils aient jamais existé). Ouais, bébé, nineties style. Et puis, eh, on va pas se mentir, de « Necropalace » à « Mourning palace », y’a pas des rues d’écart ; on avait un petit indice. Alors sans vouloir vous polluer avec des détails de ma vie, il y a quelques mois, un évènement particulier a fait que j’ai été amené à faire le tri dans mes possessions discographiques. Et donc, ce « Mourning palace » et bien d’autres, je les ai réécoutés, et jugés à l’aune de ce que je sais et surtout de ce que j’écoute aujourd’hui. Et ce n’est pas quelque chose de forcément facile, de confronter un souvenir heureux à la réalité. Surtout que, bon, c’est pas forcément (je vais pas me faire que des amis) à l’avantage de l’oeuvre, pour le coup. Allez, j’arrête de tourner autour du pot ; bah ça a pris un drôle de coup dans la gueule. Et donc ? Donc, « Necropalace », qui utilise des sonorités similaires, peut bien produire le même effet. Ceci dit, attendez, je ne jette pas le disque aux orties. Parce que la chanson-titre, là, par exemple, fait preuve d’une certaine maestria, autant dans l’installation d’atmosphères que dans la charpente mélodique. Les claviers sont bien sûrs importants, mais bordel, les parties guitaristiques neo classiques, là, c’est de l’art les gars. Elles me rappellent le travail de Tristitia sur certains titres. Le côté black est ici pas mal fondu dans une ambiance générale neo gothique, et c’est peut-être le principal reproche que je ferai à Worm : pour moi le style devrait se montrer un peu plus véhément, non pas pour gommer mais au contraire pour renforcer et mettre en lumière le joli travail de structuration des titres. Bien sûr, il faudrait également que la production rende un peu plus grandioses les parties symphoniques. Parce que oui, elles méritent un traitement plus attentif. Alors oui, le projet n’a pas forcément vocation à être plus evil que le voisin. L’idée ici est plus de produire des récits d’épouvante, de rendre hommage aux créatures fantastiques et aux différents styles death, doom et black sympho qui s’en sont également fait l’écho. Pourtant les moyens, Century Media les a quand même mis : nous offrir un clip bien typé film de genre eighties pour un titres de plus de 10 minutes, ça reste couillu. Et se permettre de faire intervenir Marty Friedman (oui oui, Megadeth) sur le dernier titre, c’est inattendu. Mais ce 7 que j’ai attribué au disque aurait largement pu se transformer en 8 si ce quatrième album avait encore plus capitalisé sur ses forces et ses contrastes. Il reste au-dessus de la mêlée, et même au-dessus de bien des œuvres du genre de l’époque, mais je reste un peu frustré.

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