
Si je vous dit Côcôricôô, ça ne va pas forcément vous évoquer grand chose. Mais ces accents circonflexes ne sont pas anodins. Car oui, MDNS (prononcez “madness”) est bien originaire des Hauts-de-France. De Lille plus exactement. Quand j’ai eu le mail qui m’annonçait son arrivée, je pensais trouver ici un disque de trap moderne, ou un truc un peu téléphoné autour de la région. Je me trompais lourdement. Car c’est bien de punk qu’il s’agit. Un punk moderne, rock n’ roll et limite dansant, mais qui reste bien virulent et pas du tout bien-pensant. Je prends le projet en cours de route, puisque MDNS a déjà sorti un album et d’autres ep. Mais ce 7 titres envoyé dans les gencives de ses auditeurs (16 minutes, c’est là qu’on a la confirmation du style) a tout pour lui quand même ; il assume son statut de prolo, sa provenance géographique, ses illusions perdues, ses espoirs aussi. Mais tout ça, il le fait avec style. Dès “Encore !” il est difficile de bouder son plaisir tant le refrain est entraînant et groovy tout en sonnant très punk. “La faute !” est également très véhémente, peut-être même plus, mais fait moins d’effet. La collaboration “Téléphone !” est un peu trop post moderne pour moi, et “Sexe, drogue & drame !” un peu trop purement rock pour moi. Mais “On traîne !”, “Enfant de ma ville !” et l’intense finale “J’suis pas mort si j’essaie !” sont vraiment très réussies. Voilà de quoi être confiant dans le futur de la capitale du nord et la vivacité musicale de son vivier.






