
Quand on fait un boulot plus ou moins créatif, on a forcément, à un moment ou à un autre, des doutes. Oui, je sais, ça n’a l’air de rien comme ça d’écrire des articles (parce que oui, je les écris, pas d’IA ici), mais le résultat tient à beaucoup de choses : la forme du moment, l’inspiration, l’envie, la disponibilité… Et des fois, les compétences. J’avoue que face à ce troisième album du groupe de Portland, je me suis pas mal interrogé. Parce que je n’ai pas, loin s’en faut, le bagage technique de musicien pour l’appréhender dans toute sa complexité. Oui, « Infinitude’s passage » est complexe. Le groupe joue depuis ses débuts avec les frontières du metal extrême certes, mais aussi avec celles de ses capacités à repousser les logiques mélodiques de nous, pauvres humains. On a donc ici un savant mélange de death, black, post metal, progressif, technique et limite avant-gardiste. Les titres sont longs, les structures forcément complexes, les passages différents imbriqués, les rythmes changeants. Est-ce qu’avec une musique telle que celle-ci Aenigmatum va nous parler de l’évolution du prix du saint-doux au kilo ? Je vous le donne en mille ; non. Non, ici on va plutôt donner dans le métaphysique, le philosophique, l’existentiel, l’ésotérique, le mystique. La musique du groupe se pare donc de quelques influences cosmiques et atmosphériques aussi. Mais, probablement conscient de la masse d’informations à ingurgiter et assimiler par ses auditeurs, le groupe a la bonne idée de ne pas en rajouter. Avec ses 6 titres pour 42 minutes, l’album reste étonnamment digeste. Bien sûr, il faut parvenir à résister à un AVC à l’écoute de cet amas conceptuel et mélodique. Et oui, c’est vrai, ce n’est pas toujours facile, et on reviendra volontiers sur quelques passages pour savoir ce qu’on en pense vraiment et par quel bout les prendre. Mais on sent quand même une volonté de placer des respirations et même du groove dans les compositions – et c’est apprécié. On serait tentés d’encourager le groupe dans cette voie, afin de rendre ses titres encore plus captivants et mémorables. Mais le risque est qu’il y perde son identité. En tout cas, un titre comme le final (qui donne son nom à l’album) me fait dire que le combo en a la capacité. Alors, wait and see !






