CLIPPING : Dead channel sky


En 2019, Clipping me terrassait avec un « Nothing is safe » qui restera pour moi longtemps comme un monument du hip-hop expérimental et indie. Si sa créativité exacerbée l’emmène et l’a emmené souvent bien au-delà de ce qui est compréhensible pour moi, son art reste à mon sens d’une complète pertinence. Portés par le flow mitraillette de Daveed Diggs mais propulsés par un sens du rythme et de la mélodie unique, les vingt titres de ce cinquième album plongent une nouvelle fois l’auditeur dans un monde post apocalyptique, futuriste, forcément un brin oppressant et angoissant. Au sein de ce tout bien touffu, on peut extraire quelques titres plus digestes et directs que le reste : « Code », « Dominator », « Ask what happened », « Change the channel ». Parfois aussi, on a un passage de folie dans un titre dont on aimerait qu’il soit exploité tout du long et qui nous rend dingue, parce que c’est tellement frustrant qu’il ne le soit pas ! La fin de « Dodger » est à ce titre assez édifiante. Pourtant, « Dead channel sky » reste un sacré tour de force. Clipping me fait penser à ces gens qui ont le syndrome de Diogène. Ils accumulent les sons, les rythmes, les rimes, les histoires, et semblent tout empiler de façon aléatoire, en espérant qu’à la fin ça aboutisse à un résultat cohérent et intéressant. Des fois ça marche très bien donc, des fois moins, mais intéressant, ça l’est toujours. C’est le genre de disque qu’on va réécouter juste pour avoir des réponses… qu’on n’obtiendra probablement jamais. Mais ce qui est magique ici comme ailleurs, c’est pas le résultat c’est la quête, non ?

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