YANN TIERSEN : Eusa

yanntiersen_eusa

Je ne tergiverserai pas : « Infinity », auquel « Eusa » succède, m’a fait chier. Alors si je suis toujours curieux de découvrir un disque du breton, c’est avec une certaine appréhension que j’entame son écoute. Heureusement, je ne tarde pas à me rendre compte du volte-face opéré par le musicien à l’occasion de ce neuvième album. Exit le côté new age, oubliées les influences rock indé, « Eusa », dédié à l’île d’Ouessant, renoue avec les atmosphères mélancoliques sinon tragiques de « Rue des cascades » et « Le phare ». Seul avec son piano, tissant des mélodies de dentelle se superposant aux vagues, épousant les récifs, le musicien nous rappelle, se rappelle qu’il n’est jamais meilleur que lorsqu’il est sombre. Alors certes, si l’instrumentation est différente, « Eusa » n’est « qu’un autre » disque classique de Tiersen, et ceux qui le connaissent déjà sous cet angle ne seront pas tant dépaysés que ça. On reconnaît les mélodies caractéristiques du bonhomme, on anticipe le rythme et la forme des titres. Mais c’est toujours aussi beau, et pour peu qu’on ferme les yeux, on sent presque les embruns nous caresser les joues. Alors de quoi se plaint-on ?

Site officiel

Yann Tiersen : Porz goret

Related Posts

  • 10000
    A l'écoute de cette première œuvre éponyme d'un duo qu'on aurait il y a quelques mois cru improbable, une évidence crève les tympans : ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. La musique rêveuse et hautement mélancolique du petit magicien Tiersen et le rock échevelé et tendu de la muse…
  • 10000
    Ça y est, le brestois sort du bois et nous sort un album de reprises de Devin Townsend ? Ah non ? Bon, alors c'est juste un titre, comme ça ? Mais quand même, cette pochette intrigue. Et puis, l'album démarre, et ce côté évanescent et un peu new age…
  • 10000
    Yann Tiersen est stigmatisé depuis quelques années comme "celui qui a fait la musique d'Amélie Poulain". Il n'a d'ailleurs pas, jusqu'à récemment, fait grand-chose pour s'en dépêtrer, même si on avait pu noter de légères modifications de son modus operandi sur "Les Retrouvailles". par contre, ceux qui s'attendent à une…
  • 10000
    Que se passe-t-il lorsqu'un artiste réputé pour le côté emphatique, voir pompeux de sa musique nous la joue acoustique ? Cela aboutit soit à une œuvre un peu chiante et dépourvue de l'impact du genre de prédilection, soit à une transfiguration, une révélation qui changera la façon de percevoir sa…
  • 10000
    Huitième album pour Bohren et son club funèbre. Si le genre développé peut surprendre le promeneur du dimanche, ceux qui ont déjà rencontrés les allemands savent à quoi s'attendre ici : de longs titres, à la fois sombres et paresseux, égrainant les notes doucement, les laissant résonner dans la nuit.…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *