WOODKID : S16

Comme beaucoup, je n’ai pas pu passer à côté du français Yoan Lemoine alias Woodkid et de son album « The golden age » en 2013. Mais je n’en avais pas parlé dans ces pages car je n’étais, outre les renversants « Iron », « Run boy run » et quelques autres, pas totalement convaincu. Sept ans plus tard, je ne me laisse pas le choix, et m’en vais découvrir en direct de quelle façon le projet a évolué, au sein d’une époque encore plus troublée. D’entrée de jeu, « Goliath » me rassure, et me comble même : Woodkid y développe une mélodie futée toute en tension et gravité, soutenue par une orchestration grandiose qu’on lui connaît déjà. « In your likeness » est bien plus soyeuse, même si elle démontre autant d’intelligence dans sa structuration ; ce n’est pas de la musique, c’est du spectacle. Toutefois, je trouve que ce titre intervient trop tôt dans l’album, pour moi il s’agirait presque d’une chanson de clôture. « Pale yellow », plus rythmée et proche d’une « Run boy run », nous remet dans le circuit. « Enemy » suit le même chemin ; celui de titres misant beaucoup sur l’émotion, sur une orchestration qui mêle habilement moyens et techniques cinématographiques et éléments rythmiques entre field recordings, industriel et glitch. Et ça marche assez bien. Suivent « Highway 27 » et « Reactor », un peu plus ternes à mon goût, assez typiques des raisons pour lesquelles « The golden age » ne m’avait pas transcendé. Le reste de l’album va d’ailleurs à peu près dans la même direction ; c’est beau, c’est tragique, la voix de Woodkid au timbre si particulier restitue les sentiments affectés de manière optimale… Mais les titres ont tendance à se ressembler, et le vent de renouveau perçu sur « Goliath » n’est hélas pas exploité tout au long de ce disque, ou du moins de façon beaucoup plus discrète. Bilan ? « S16 » est un autre bon disque de Woodkid, mais se situant dans la même veine que le précédent ; un autre bon disque que j’aurais certes plaisir à réécouter à l’occasion, mais dont je ne chercherais pas forcément la compagnie souvent.

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Paroles de l’album

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