TRADITIONAL MONSTERS : Push the panic button

Le post-punk, c’est quoi ? Une certaine idée de la révolte, un refus du conformisme, y compris celui du punk, et un goût pour l’art déviant. Bien sûr, ça se traduit souvent aussi par une forme musicale assez définie, mais ça aussi, c’est une forme de prison à laquelle le genre se doit d’échapper. Ce premier album des parisiens, c’est donc à la fois une dérobade et l’ancrage dans une tradition. Il sait être fantasque tout en conservant une rigidité rythmique qui l’identifie dans un mouvement, il se joue de la bienséance en y insufflant une folie toute contrôlée. On y retrouve donc des basses sèches mais groovy, un chant détaché à la limite du parlé, de l’emphase et un feeling très anglais. On peut d’ailleurs penser aux côtés les plus cabaret d’un David Bowie. Les intonations de Dick Turner et l’inclinaison de Traditional Monsters pour les genres borderline le rapprochent également d’un Peter Gabriel. Et si on veut aller chercher un peu plus loin, les Doors ne sont pas si loin parfois. Bref, voilà un programme assez alléchant, et heureusement aussi bon sur écran que dans les oreilles. Inutile de chercher la petite bête, les parisiens l’ont bouffée toute crue. Voici un monstre d’un nouveau genre, ni méchant ni complètement bienveillant, auquel on peut s’attacher mais avec lequel on gardera toujours un œil ouvert, au cas où il déciderait de nous bouffer un bras pendant notre sommeil. « Push the panic button » ne sera pas un coup de foudre immédiat mais reste une offre intéressante dans un genre trop codifié !

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Traditional Monsters : Going to Pennsylvania

Traditional Monsters : You have the power

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