THE NOTWIST : Vertigo days

The Notwist avait fait, avec « Close to the glass », un sacré pas en avant, intégrant plus profondément les éléments électroniques qui servaient d’ornements sur ses productions précédentes, et s’inventant presque un nouveau genre. Presque, car on y retrouvait l’essence du groupe ; ces chansons douces-amères electro-pop habitées d’une voix blanche et volontiers traînante, charriant et transmettant l’émotion. « Vertigo days » va (c’est heureux) dans le même sens. Désormais plus sûr de son fait, le groupe autorise d’autres esprits à venir manipuler on éther, rendant le tout plus complexe et riche encore. Je ne sais pas quelle est désormais l’ambition des allemands, à part proposer la meilleure version d’eux-mêmes, mais je vois mal de nouveaux fans parvenir à se raccrocher à une œuvre telle que celle-ci sans background, sans avoir su apprécier l’évolution lente mais implacable de la formation. Il faudra plusieurs écoutes pour apprivoiser de manière générale la créativité de « Vertigo days », et ce même si on retrouve souvent des éléments et élans plus bruts qui rappellent d’anciennes époques (« Loose ends », magique, les trop faciles « Where you find me » et « Sans soleil », la facile aussi mais bien plus réussie et chaloupée « Oh sweet fire »…). Bien sûr, si on prend tous les titres en compte, l’ensemble reste équilibré. Mais ce qu’on en retient surtout, ce sont les instants où le groupe ose aller plus loin et qui interrogent le fan sur ce qu’il souhaite obtenir de The Notwist. Oui, « Al norte », « Ship », « stars » « Ghost » et « Al sur » sont de bons titres. Mais sont-ils assez Notwist pour un disque de The Notwist ? Sont-ils ce qu’on aime y trouver ? Je ne suis pas certain. Bien sûr, ça ne m’empêchera pas de louer la créativité et la volonté tenace d’évolution du groupe, mais ce ne sont pas vers ces titres que je me tournerai si je veux me faire une bonne tranche de Notwist. Et vous ? Alors oui, « Vertigo days » est un très bon disque, traversé d’instants géniaux, mais je ne peux m’empêcher, là, quelque part au fond, de me trouver à la limite entre désappointé et déçu.

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