SUBHEIM : Foray

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Non, mais sérieusement, faut arrêter. Il faut arrêter de m’envoyer des supers albums. Parce que moi, concrètement, je suis un fétichiste du disque. Et donc, m’envoyer un disque aussi excellent version numérique, ça ne va pas me suffire longtemps. Il faudra tôt ou tard que je le tienne entre mes mains, que j’en explore le livret, que j’en scrute les crédits. De prime abord, sur le papier, ce troisième album du berlinois pourrait rebuter le quidam. Quelque part entre downtempo et techno ambiant, il pratique un genre généreux en ambiances nocturnes et souvent réservé aux connaisseurs. Oui, mais « Foray » va plus loin que ses collègues. Ici, des cordes pour rehausser les atmosphères très cinématographiques de ses morceaux. Là un vocaliste / narrateur qui installe le mystère. Des influences plus world qui cassent la routine. Et cette mélancolie qui remplit l’espace, qui l’habite littéralement… « Foray » s’insinue par tous les pores, vous traverse, vous transporte en vous berçant vers un ailleurs somptueux mais lunaire. Tantôt planant et soyeux, tantôt lancinant et inquiétant, tantôt minimaliste et triste, il joue de la versatilité de son compositeur pour éviter la routine et l’ennui. C’est en cela qu’il se positionne comme une réussite du genre, finalement plus proche de la bande originale de film que l’album electro ambient lambda. Bravo.

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