LUPEN CROOK : Accidents occur whilst sleeping

Lupen Crook , c’est Matthew Pritchard, un doux dingue obsédé par la musique dès son plus jeune âge, et qui n’aura de cesse d’expérimenter et d’écrire durant des années, le plus souvent loin des radars de ses contemporains d’ailleurs. Et en fait on ne leur en voudra pas d’avoir voulu esquiver la compagnie du bonhomme tant celui-ci a l’air perché. Ou plutôt non, on les blâmera tiens. Parce qu’après avoir écouté ce premier album du personnage sorti en 2007, vous en conviendrez, il s’agit là d’une rencontre comme on doit en faire peu dans une vie. A l’époque, Lupen Crook (nom de l’alter ego qu’il s’est choisi) a la petite vingtaine. Pourtant, ce disque semble être celui de quelqu’un de beaucoup plus expérimenté…et de tout simplement génial. Et d’ailleurs, ce n’est pas un dique, c’est un univers à part entière, où l’on passe d’une planète à l’autre en changeant de piste. Alors le qualifier ? Impossible. Folk, pop, prog, gothique, flamboyant, drôle, fantasque ? Un peu de tout ça à la fois, mon capitaine. On évoque souvent Tim Burton quand on parle de Lupen Crook, et c’est plutôt bien vu ; il sait émerveiller et effrayer, faire rire ou interroger, le tout avec une assurance toute anglaise, entre sérieux démesuré et sens de l’absurde. Je serai bien incapable de vous conseiller un titre plutôt qu’un autre sans me provoquer une descente d’organe, même si quelques mélodies trottent à intervalles réguliers dans ma caboche. Ce que je prescris, c’est une écoute dans l’ordre et in extenso de cet électron libre discographique fou, original, libre et génial. Et plus vite que ça !

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Paroles de l’album

Lupen Crook : Love 80

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TURZI : A

turzia

Formation versaillaise donnant dans l’electro, Turzi fait partie de ces artistes qui regardent ouvertement derrière eux, vouant un culte à la scène krautrock des seventies. Le krautrock, pour les non-initiés, est une excroissance du rock progressif, souvent beaucoup plus répétitif, parfois plus psychédélique, et exploitant à fond les nouveaux outils mis à sa disposition à l’époque (début 70) ; les instruments électroniques. Cette musique hybride et expérimentale, Turzi s’en nourrit, et la recrache à sa façon, tantôt par le biais de titres très kraftwerkiens, tantôt par des choses beaucoup plus rock mais tout aussi aventureuses. Une utilisation parcimonieuse du chant masculin et de samples vocaux vient empêcher l’album de tomber dans la monotonie, chose plutôt compliquée pour ce type d’entreprise. Ce « A » a également la particularité de ne comporter que des titres débutant par cette lettre. Vous l’aurez compris, Turzi est pour le moins un cas à part dans le paysage électronique français, ne se rattachant à aucun courant en vogue, bien que piochant des idées ça et là. Au final, « A » est un album intriguant, un peu trop inégal pour qu’on le porte aux nues, mais assez différent et particulier pour qu’on prenne plaisir à le ressortir une fois de temps en temps pour en redécouvrir toutes les subtilités et les richesses.

https://open.spotify.com/album/3J5Df3wVVO7mPZ1FxYFLw7

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Turzi : Afghanistan

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THE BRAVERY : The Sun and the moon

thebravery_thesunandthemoon
Perçus lors de la sortie de leur très bon premier album comme les concurrents directs des Killers, les new-yorkais se sont pourtant bien vite écartés du chemin étoilé de leurs voisins, pour emprunter sur ce deuxième album un costume beaucoup plus pop et classique mais toujours avec ce groove qui leur colle à la peau. Difficile de résister à des titres comme « Believe », « This is not the end » ou «Fistful of sand » ! Et si le disque est inégal, il reste une valeur sûre dans un genre pop ensoleillé et insouciant !

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Paroles de l’album

The Bravery : Time won’t let me go

FONODA : Eventually

fonoda_eventually

Sortez cotillons et langues de belle-mère, les trois de Fonoda débarquent pour la fête ! Bon, ok, c’est pas drôle. Ce disque non plus d’ailleurs. Imaginez Godspeed You Black Emperor faisant un bœuf avec un chanteur dépressif, et vous aurez une idée précise de ce que « Eventually », deuxième album des allemands, contient. En huit titres plutôt longs (6 minutes en moyennes), le groupe dessine des paysages aux flancs escarpés, montagnes imposantes bien ancrées au sol et dont la cime est cachée par de sombres nuages. Sporadiquement, la voix se fait grondante, menaçante, ce qui peut à mon avis desservir le groupe et l’album, mais le calme revient suffisamment vite pour éviter la fuite des oreilles chastes. L’instrumentation est classique pour le post rock : guitare, basse, batterie, éléments électroniques et cuivres. Tout ça mis ensemble fonctionne plutôt très bien, et si « Eventually » n’est pas destiné à se placer parmi le panthéon du post rock, il amène tout de même au genre un nouveau souffle et une approche légèrement différente, plus compréhensible par les fans d’indie rock lambda peut-être.

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ASSASSIN : L’homicide volontaire

assassin homicide

Adoré ou honni des fans du genre, Assassin peut en tout cas se targuer d’être l’un des groupes les plus importants de son développement en France, avec à son actif des titres et au moins un album essentiel. « L’homicide volontaire », donc. Paradoxalement, Assassin, formé par Solo et Rockin’ Squat (accessoirement frère de Vincent Cassel), est assez éloigné de l’univers gangsta rap auquel se titre pourrait faire référence. Des références, ils en ont et en jouent, n’hésitant pas à faire des rappels historiques, du mouvement ou avec un grand H, et cultivant cette image cultivée et donneur de leçon qui finira par en agacer beaucoup. Mais en 1995, lors de la sortie de ce disque, le monde du rap se contente d’accuser le coup. Car des coups, on en prend ici. Assassin serine notre immobilisme, balafre notre vision des choses, avec l’objectif avoué de nous ouvrir les yeux sur le monde, de nous pousser à la réflexion et à l’action, sociale au moins, politique peut-être. Mais sorti des leçons de morale, des explications géopolitiques, la musique et le flow sont là, groovy, élastiques, efficaces, puisant dans tous les genres, recyclant sonorités et ambiances, affranchissant le rap de son carcan et sa condition pour l’amener à un public qui n’en était jusque-là pas friand. L’album de rap référence pour ce groupe de rap conscient, prônant, à l’instar de Public Enemy, l’instruction plutôt que la destruction comme arme de défense. 

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Assassin : L’odyssée suit son cours

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