VATICAN SHADOW : Remember your black day

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Dominick Fernow, le joyeux drille derrière Vatican Shadow, sévit depuis de nombreuses années au sein de la scène électro alternative, celle qui déconstruit, qui agresse, qui fait suer du cerveau plutôt que des guibolles. Ce qu’il propose ici, c’est un dark ambiant industriel répétitif, presque tribal, donc plus rythmé que ses voisins, mais pas moins inquiétant ou entêtant. On s’approche parfois des morceaux plus ambiant d’Amon Tobin, sans toutefois vraiment chasser sur les mêmes plates-bandes. On pense aussi au côté dépouillé des premiers Skinny Puppy, au minimalisme robotique flippant des débuts de Ministry, le côté discoïde en moins. Le concept volontiers polémique du groupe, revisitant les conflits mondiaux les plus récents, évoquant certaines figures et faits, participe de l’ambiance générale du disque, mais pourrait n’avoir aucune influence sur l’écoute, le côté martial et sombre transparaissant largement assez dans les mélodies et les rythmiques. Au final, pour moi qui découvre le projet avec cet album, Vatican Shadow est plutôt une bonne surprise, sa musique assez cinématographique et évocatrice étant un appel à la trance.

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DALE COOPER QUARTET & THE DICTAPHONES : Quatorze pièces de menace

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L’occasion de découvrir une nouvelle formation de dark jazz ne se présente pas tous les jours. Pour tout dire, à part Bohren & der Club Of Gore et The Kilimandjaro Darkjazz Ensemble, je ne connais aucun autre prétendant au trône d’hériter d’Angelo Badalamenti. Pour ceux qui ne seraient pas au parfum, le dark jazz, comme son nom l’indique, est une version sombre et ralentie du jazz, versant volontiers dans le cauchemardesque de par l’utilisation de sons et ambiances bien glauques. Ici, on trouvera du sample trituré, de l’instrument malmené, de la nappe de clavier ambiant, des guitares (post) rock lointaines, un côté presque dark industriel ou trip hop lugubre qui n’est pas pour me déplaire, et qui assurément éloignent le Dale Cooper Quartet & co de ses influences directes et d’ailleurs assumées. On y croise aussi, et c’est notable, quelques voix indolentes ou évanescentes, distançant encore le spectre de Bohren. Au final, ces « Quatorze pièces de menace » (qui en fait ne sont que onze), s’avèrent plutôt réussies, et surtout bien plus originales (toutes proportions gardées) que ce à quoi je m’attendait en les libérant dans mon salon. Belle surprise donc que cette formation française que je regrette de ne découvrir qu’aujourd’hui alors qu’elle s’active depuis 2007 à hybrider une certaine forme d’electro avec le dark jazz de nos voisins d’outre-rhin. Sympa, vraiment.

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PAINTED CAVES : Surveillance

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Enième projet solo d’un zigue dont, apparemment, le cerveau fourmille d’idées étant donné sa productivité, Painted Caves fait dans le dark ambiant industriel, et semble ne pas vouloir suivre les habitudes du genre, ou alors manquer d’inspiration pour le faire ; 7 titres en 32 minutes, c’est finalement assez court. Les mélodies électroniques sont assez inhabituelles également, et ne jouent pas vraiment dans la catégorie « dark industriel », puisqu’ici, pas de trace de bruitages apocalyptiques ou de rythmiques martiales, juste des rythmes synthétiques mi-planants mi-inquiétants, qui évoquent un peu Oil 10. Pas mal du tout.

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