BUILT TO SPILL : Ancient melodies of the future

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Revenu depuis déjà quelques temps à un format plus pop tout en conservant une exigence mélodique dont il ne s’est jamais départi, Doug Martsch, l’homme derrière Built To Spill, offre au monde ce cinquième album du groupe en 2001. Infatigable artisan d’un rock indépendant qui doit autant aux Beatles qu’à Sonic Youth, il donne à ses titres l’élasticité des groupes modernes e recyclant des sonorités plus anciennes, comme le suggère le titre de cet opus qui compte parmi les plus belles réussites du groupe. Écoutez donc le blues rock électrifié de « Happiness » pour vous vous en convaincre. Ou le tube indie « Don’t try », à la fois minimaliste et dense. Built To Spill se joue des étiquettes, piochant ici dans le rock atmosphérique, là dans des genres plus crunchy et noisy, revient à des sonorités rock n’ roll, bascule dans la pop ensoleillée, fait un crochet par le garage… Cette absence de frontières nécessite bien sûr une aisance instrumentale dont le trio est bien heureusement doté. Doug Martsch pousse la maniaquerie jusqu’à participer à la production et au mixage du disque, dont il maîtrise tous les aspects. Il est toujours étonnant de voir débarquer son timbre si particulier là-dedans (le monsieur pourrait reprendre Neil Young sans problème), mais ça ajoute à la légende d’une formation décidément spéciale, dans le bon sens du terme.

Paroles de l’album

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CAPRICE : Elvenmusic

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De tous temps, nombreuses ont été les formations à s’arracher la filiation de l’oeuvre de Tolkien et vouloir en être traduction musicale parfaite. Les russes de Caprice ont ceci pour eux qu’ils sont arrivés à se faire signer au moment où on avait une certaine soif d’en découdre avec l’oeuvre du grand poète et écrivain anglais. Et signer par un label français fraîchement créé qui avait donc grand besoin de se faire connaître, à savoir Prikosnovénie, toujours en activité aujourd’hui sous une bannière heavenly, néo classique et musiques hybrides. Caprice donc, propose ici son deuxième album, basé sur les textes du maître et menant sa barque entre les mouvances neo classique et heavenly voices. Féérique, aérienne, sachant parfois se faire plus menaçante, mais ne perdant jamais de vue une musicalité et une relative douceur et poésie, la musique de ce deuxième opus du groupe rencontrera son public, après un premier album passé plus inaperçu par chez nous puisque autoproduit. « Elvenmusic » est réellement original pour l’époque, et le reste aujourd’hui. Plus facile d’accès que sa suite directe « Songs of innocence and experience », mais tout de même assez exigeant, cet album, au demeurant assez magnifique, est à réserver aux curieux, aux amateurs de musique de film, et à ceux que l’esthétique classique ne rebute pas, qu’ils soient ou pas fans de grande musique. Quel que soit votre profil, « Elvenmusic » vous propose un voyage passionnant et réellement original !

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SPOR : Is today tomorrow ?

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Archétype de l’album maudit, ce « Is today tomorrow ? » est l’enfant de trois musiciens talentueux, ex No One Is Innocent première période, abandonnés par leur chanteur pour une carrière solo qui ne décollera jamais. Enregistré à la fin des années 90, sorti au début des 2000 dans une confidentialité terrible, il est pourtant gorgé de qualités exceptionnelles, et plus de dix ans après sa sortie, reste un disque d’une force et d’une émotion digne des plus grands. Oubliez le rap metal et le metal fusion, on se situe ici à des milliers de kilomètres de là. Si le rock indé de Spor fusionne, s’il intègre des éléments folk et world, c’est pour se donner une couleur unique, loin des habitudes de tel ou tel genre. La voix de Spagg, tantôt grave et posée, tantôt plus aérienne et se rapprochant de celle de Chris Cornell (Soundgarden) sur Superunknown, habite des titres entre rock alternatif grungy et industriel, avec toujours cette touche d’originalité amenée par les instruments traditionnels. Des titres comme « Nineteen ninety eight » ou « The last time I thought this way » restent aujourd’hui encore ancrés dans mon mp3 et sur ma liste de titres préférés toutes périodes et styles confondus. Disparu après cet album, le groupe avait pourtant une personnalité bluffante et un talent certain d’arrangement et de composition. Pardonnez-leur alors quelques longueurs (les deux derniers titres sont de trop pour moi), et foncez découvrir ce disque injustement oublié !

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ZOMBIE, Rob : The Sinister Urge

rob zombie sinister

Voici revenir le chaman des zombies blancs pour un deuxième méfait en solo. Cette phrase pourrait constituer l’intégralité de ma chronique. Après une intro mêlant rythmes actuels et dialogues de films vintage, on se retrouve plongés dans un monde qu’on a eu maintes et maintes fois l’occasion d’explorer… En effet, depuis la création de l’entité White Zombie et la parution de « Make Them Die Slowly », même si l’eau a coulé sous les ponts, ceux-ci n’ont pas été retapés ! Monsieur Rob a trouvé son style et ne semble vouloir y apporter que des modifications mineures. Elles sont ici matérialisées par un aspect plus symphonique sur « Demon Speeding » et « Bring Her Down », un côté groovy sur « Never Gonna Stop », des influences electro plus affirmées et la présence d’invités (les surprises Kerry King et Tommy Lee et le parrain Ozzy Osbourne). Mais les nouveaux éléments restent discrets et n’apportent pas la révolution dont le style musical du doux dingue ne pâtirait pas, au contraire… Rob Zombie, c’est comme « Resident Evil » ; passée la surprise et le plaisir de la découverte, ou bien on s’accroche en espérant retrouver les sensations passées, ou on se rend compte que les séquelles ne valent pas tripette et on abandonne avec une moue de déception. L’album est correct, mais la lassitude guette l’auditeur, et il est fort possible que même les fans ne s’y laisseront pas prendre une troisième fois.

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Rob Zombie : Feel so numb

WU-TANG CLAN : Iron Flag

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Revoilà le plus populaire groupe de rap au monde en grande forme ! Si « W » en avait séduit certains, il en avait aussi déçu beaucoup d’autres… Certes, il possédait son lot de beats frappadingues et inventifs, mais il avait comme une odeur de « devoir conjugal » ; on y trouvait pas le souffle (souffre ?) qui faisait mouche sur « 36 Chambers ». Faux pas pardonné avec cet « Iron Flag » oscillant entre originalité et tradition, et laissant une place plus importante aux influences soul. On retrouve la verve et l’atmosphère guerrière du premier opus, secondés par les éternels samples de films d’arts martiaux introuvables, ce qui n’empêche pas le Wu de militer pour la paix dans le monde, et ceci en treillis ! Les morceaux sont diversifiés et se valent, mais on pourrait quand même extraire « Y’all Been Warned » et son allure de tube old school, simple mais bougrement efficace. Wu-Tang rules !

Paroles de l’album

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Wu-Tang Clan : Y’all been warned