SAMCAT : Infatuation for violence

Je l’avoue, je pensais savoir où j’allais en lançant ce nouvel album du nantais Samcat. Une electro pop douce et groovy, un poil timide mais capable de très bonnes idées et mélodies. Sauf qu’ici, le musicien a décidé de pousser ses titres, déjà très empreints de références cinématographiques, plus loin, et de les intégrer au sein d’une véritable démarche totale. De fait, « Infatuation for violence » est un concept-album. On nous le présente (un peu trop longuement, d’ailleurs) sur les deux premiers titres. Les choses commencent vraiment sur « Prohibition », qui n’est pourtant elle-même qu’une intro, mais qui fait preuve d’une ampleur et d’une maîtrise orchestrale qui donnent envie d’en savoir plus… Ce qui aboutit aussi à une petite frustration, puisqu’on enchaîne sur « Subversion on an altered state of mind » qui part dans une autre direction et s’apparente également à une interlude / intro. Parvenus là, il faut que je vous recontextualise la chose. Ce disque traite d’un individu interné, en proie à des démons intérieurs et en opposition à une société dans laquelle il devient de plus en plus compliqué de se reconnaître ; il est donc logique d’y découvrir des ambiances et une musicalité changeantes. Sur « The truth », on retrouve le Samcat qu’on connaît. « Gemini » dévie plus vers une electro pop teintée d’indie qui emploie un chant parlé francophone rappelant Mickey 3D et se termine par une belle partie orchestrale : intéressant et audacieux mélange des genres. L’interlude orchestrale « L’hp » lui fait suite de façon logique. « Court-circuit en psychiatrie » tranche un peu, même si chaque élément est connu ; seule la voix est utilisée façon hip-hop. Dommage que le fonds musical manque de punch par rapport au texte. Même constat ou presque pour « Pilule bleue » et « L’évadé de Sainte-Anne » qui lui ressemblent beaucoup. « Just before the storm » est un titre d’ambiance, à la fois tragique et inquiétant. « Ultraviolence » aurait mérité plus de bpm pour porter son nom, même s’il porte en lui une tension palpable. « La fuite » se la joue évocation soft avec un touché jazz manouche en fonds sonore. Sur la suivante, on retrouve ce goût pour le groove imparable et les ambiances feutrées qui peuplaient les premières œuvres de Samcat. Enfin, « Seuls les morts dansent » nous rappelle que nous sommes encore en vie ; pas de danse pour nous, mais un titre lumineux, solaire, symbolisant la montée vers les cieux de son protagoniste. Au final, je ne sais que penser de cet album ; j’y trouve de bonnes idées, des ambiances et une thématique bien rendues et correspondantes à l’idée de départ mais un manque de matière, de vraies chansons ; un peu frustrant.

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