SAILOR & I : The invention of loneliness

Nous vivons dans une époque grave, semble-t-il, qui incite plus au repli sur soi qu’à l’exubérance. C’est vrai quoi, combien de Carlos, de Patrick Sébastien ont éclot ces cinq dernières années ? Cette noirceur relative, le suédois Alexander Sjödin en est le porteur aussi, via son projet pop electro Sailor & I, dont le titre du deuxième album que voici est révélateur de l’ambiance générale. « Black swan », premier single du disque, reflète la dichotomie qui habite son auteur, tiraillée entre electro obsédante et moderne et pop indie hypnotique en mode mineur. Mais la flamboyante « Chameleon » fait pour moi encore mieux, suivie de près par une « Fire on the moon » en cinémascope. Là où le bât blesse, si on veut chercher la petite bête, c’est que l’ensemble de ce deuxième album surfe à peu près sur la même vague ; une ligne de chant pleine de feeling, une mélodie belle à en mourir qu’on porte par une emphase instrumentale de climax de cinéma, des rythmiques électroniques efficaces et modernes, des instruments classiques en support, remonte ton slibard Lothar, l’affaire est dans le sac Cyriac. Alors attention hein, c’est vraiment très très bon, d’une finesse et d’une esthétique à en baver d’admiration, mais oui, il faut bien le dire, c’est un poil répétitif à la longue. Est-ce que ça doit vous faire reculer ? Ben, si vous êtes allergique à l’excellence à répétition, oui. Sinon, allez-y franco de port (ah ah, z’avez vu, c’est parce que c’est un suédois, il y a la mer et – bon, ok, j’arrête).

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Sailor & I : Black swan

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