ROUDA : The french guy

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Le slam n’est pas un style que je maîtrise, ni d’ailleurs auquel je m’intéresse beaucoup. Je suis un enfant du rap et du metal, alors le slam est encore pour moi, inconsciemment, le frère ennemi qui privilégie le verbe au style. Oui, je sais, c’est puéril et réducteur. D’ailleurs, le genre s’est rappelé à mon bon souvenir à plusieurs reprises pour me mettre des petits taquets bien sentis. Rouda, c’est un artiste de renom dans le genre, qui a permis de le faire connaître et perdurer, oeuvrant dans l’ombre souvent, en pleine lumière parfois (avec de multiples collaborations, puis un premier album en ) 2007). Ce deuxième opus, Rouda a donc eu le temps de le rôder, de le penser, de le soigner. Et ça s’entend. Textes malins, rimes élastiques, diction irréprochable, Rouda est un voltigeur de la langue française, c’est un fait. Mais si je n’ai vraiment rien à reprocher aux textes, souvent drôles (« Chauve qui peut », « L’undergrose ») la musique, c’est souvent ce qui me rebute sur ce genre de disque. Et bing. Comme je le craignais, je me trouve nez à nez avec un (trop) classique habillage jazz-funk-soul « à papa », certes assez bien troussé mais déjà vu. Certains titres plus hip-hop amènent des nuances intéressantes, mais globalement « The french guy » sonne un poil trop daté pour moi. Et pourtant, le disque compte quelques belles réussites : « Touché », « La main du maître », « Chien de fusil » sont assez excellents. Les autres plairont probablement aussi à ceux qui aiment ce genre très codifié, ou les textes bien écrits. Je garde pour ma part de Rouda l’image d’un artiste intègre, qui a choisi de suivre son propre chemin, en dehors des modes et au sein d’une tradition stylistique dans laquelle il semble se retrouver.

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Rouda  : Chauve qui peut

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