ROME : Parlez-vous hate ?

Jérôme Reuter est identifié depuis longtemps comme un boulimique de travail. Alors le fait de se retrouver dans la situation actuelle n’a, on peut s’en douter, pas arrangé les choses. Le voici donc qui arrive avec un nouvel album quelques mois à peine après un « The lone furrow » d’exception. Le titre un peu goguenard mais toujours assez cynique cache-t-il une œuvre du même acabit ? Oui et non. Bien sûr, on retrouve le style neo folk gothique indus du luxembourgeois, ses accents martiaux et sombres. Mais on notera un positionnement musical assez différent du précédent. Après une intro neo-hippie qui finit mal, la chanson-titre aurait presque une forme pop. Elle se montre en tout cas plus directe et simple que par le passé. Suit une curieuse reprise de « Born in te USA » de Springsteen, au texte forcément remanié. « Death from above » nous accueille avec des choeurs féminins seventies, et s’avère aussi très marqué pop rock. A ce stade, j’avoue ne pas savoir quoi en penser. « Panzerschokolade » revêt des couleurs plus familières, mais garde ce détachement finalement assez drôle (« we’ll have some scooby snacks on the panzer tracks »). « Der adler trägt kein lied » se la joue balade dark folk ; on se réinstalle en terrain connu (même si le titre manque de mordant). « Toll in the great death » est une balade folk tout court, assez bien faite. « Feral agents » est encore plus proche de ce qu’on connaît du one-man band. « You owe me a whole world » se fait plus rock, mais reste l’un des meilleurs titres de l’album. « Blood for all » et son feeling country rock nineties fait des merveilles aussi. « Alesia » est une variation sur les mêmes influences, mêlant évidence et mélancolie. Enfin, « Fort Nera, Eumesville » nous fait sortir de cette dystopie par une ambiance ambiant – shoegaze. Au final, si ce disque sonne comme une récréation plus légère à tous niveaux pour Jérome Reuter, probablement éprouvé par l’enregistrement morcelé de « The lone furrow ». Le style moins puissant et plus franc me convainc un peu moins, mais révèle tout de même de très bons moments.

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Paroles de l’album

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