ROLY PORTER : Kistvaen

Qui saurait, à l’écoute de ce « Kistvaen », quatrième album de Roly Porter, que le monsieur officiait il y a quelques années dans le genre dubstep ? Pas moi en tout cas. Si on m’avait parlé de metal, là, j’aurais moins tiqué. Non pas que cet album voue un culte au dieu décibel ; c’est même plutôt le contraire, et il est parfois nécessaire de tendre l’oreille pour capter toutes les subtilités cachées dans l’ombre, bruissant en arrière-plan. Non, en fait, c’est plutôt dans l’ambiance générale, très dark ambiant, sombre, limite effrayante, qu’il faut chercher le rapport. Très cinématographique, « Kistvaen » nous accueille d’abord avec « Assembly » et son « chant » typé indien d’amérique, qui donne plutôt envie de se blottir dans ses draps plutôt que de chevaucher dans de grands espaces sauvages. Si sauvagerie il y a ici, c’est plutôt celle de notre âge moderne ; fracas, crissements, stridences et vrombissements ont envahi le champ sonore, accompagnés de nappes de clavier et mélodies synthétiques plus ou moins grandiloquentes, souvent il est vrai très proches de la musique de film, sans forcément faire preuve d’une orchestration luxuriante. L’homme, très porté sur la science-fiction, continue d’imaginer un futur où la race humaine semble réduite à sa portion congrue – ou à un passé où une certaine forme de magie avait encore cours, prenant son essor dans les endroits encore non souillés par les hommes. Quoi qu’il en soit, « Kistvaen » est un album noir, immersif et assez pessimiste qui, s’il tutoie parfois le grandiose (« Passage »), nous ramène souvent à notre condition de microbe à l’échelle de l’univers. Ce qui n’est pas désagréable quand ça prend une forme aussi concluante.

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