MONTENER THE MENACE : Anyone home ?

Certains rappeurs sont plus prolifiques que d’autres. Clairement, ce n’est pas le cas du Londonien Montener The Menace. Le emcee s’amène ici avec son deuxième album, après un premier composé 13 ans auparavant, dans des circonstances bien différentes. Entre-temps, une union, un achat de maison, des enfants, et une carrière d’enseignant bien entamée. Ah. Un prof qui rappe, ça, c’est intéressant. On s’imagine de suite que les textes auront un peu un autre niveau que notre gloire nationale du rap. Et on a pas tort. Bien sûr (heureusement ?), ça n’empêche pas le « parler vrai » et tout ce que ça implique, mais c’est quand même autre chose. « Anyhome home ? » est un album centré sur la vie et les expériences du monsieur, bonnes ou mauvaises, avec des textes au sein desquels on trouve des touches d’un humour bienvenu. Pas toujours, cependant, facile à saisir pour un non anglophone avec l’accent bien cockney de Montener. Mais cet accent apporte une certaine fraîcheur au disque. Les instrumentaux et le style général sont assez rétro, avec une coloration soul / funk, et ça fait plaisir quand on aime pas forcément les incarnations actuelles du hip-hop. Ici donc, pas d’auto-tune ni de grime, que du bon son à l’ancienne. D’ailleurs, on retrouvera sur les titres de l’album pas mal de grands noms du hip-hop : Masta Ace, Rah Digga, Keith Murray, Guilty Simpson… Pas forcément sur les titres les plus marquants, mais bon, ça reste cool. « Anyhome home ? » est donc le manifeste d’un amour immodéré pour ce qu’il a qualifié de « hobby » sur son premier album. Pas l’album du siècle, mais un disque à l’authenticité et la personnalité certaines, porté par des productions impeccables empreintes de nostalgie. Et puis, quand on a un collaborateur qui s’appelle Jabba Tha Kut, on ne peut pas être mauvais, si ?

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