LA GALE : Salem city rockers

la_gale_cover_by_AMMO_400x400_72

Depuis Sté Strausz, le rap féminin français en a fait, du chemin. Plus obligées de jouer les sidekicks, de faire ami-ami avec les grands frères en quête d’un parrainage forcément déplacé, les rappeuses se sont cherchées. Car peu importe le sexe ou la sexualité, le genre reste bourré de raccourcis faciles et attitudes stéréotypées. Rappeur trop sensible = fiotte. Rappeuse trop hardcore = lesbienne. Message trop construit = bourge donneur de leçon. La Gale s’en fout. Arpenteuse de lieux anar, amatrice de musique aux idées larges, représentante d’une génération qui a aboli les frontières entre rap et rock, la suissesse sort ici un deuxième album produit de main de maître par un Al Tarba décidément en forme ces derniers temps et un Inch que je ne connaissais pas mais qui en impose. Suivie depuis quelques temps par Virus, La Gale a quelques points communs avec une autre acolyte musicale de celui-ci, à savoir Casey : timbre rocailleux, rimes et attitude bien rough, ces dames peuvent renvoyer bon nombre de leur collègues masculins à leur stylo. « Salem city rockers » enchaîne les instrumentaux new school, entre rock caniveau et electro de quartier mal famé, de quoi installer une ambiance où la frêle silhouette de l’espoir se taille à coup de canif dans les ténèbres. Revendication, constat désabusé et dénonciation blasée sont les mamelles de ce disque qui s’avère réussi mais pas essentiel. La Gale a une plume assurée et un flow incrusté dans le bitume, mais sa patte n’est pas encore assez reconnaissable à mon goût. Ce qui ne m’empêche pas d’être impressionné par des titres de la trempe d’un « Chien galeux »…

Site officiel

Paroles de l’album

La Gale : Qui m’aime me suive

La Gale : Petrodollars

Related Posts

  • 10000
    Que les ex-fans de Noir désir, attachés au côté sauvage et à contre-courant du groupe se rassurent ; si ce dernier a implosé, il subsiste de cet esprit au moins dans le cortex de l'un de ses anciens membres. Preuve en est ce deuxième album de zone libre, vrai bon…
  • 10000
    L'artwork de ce nouvel et deuxième album de Casey, fine plume du hip-hop dont les fréquentations parlent pour elle (La Rumeur, Serge Teyssot-Gay), est peuplé de saleté, de noirceur, de chaînes et de cassures, tout comme son verbe et sa musique. Pas d'échappatoire : la demoiselle est plus virulente et…
  • 10000
    La Canaille, c'est un peu un Zone Libre avec une voix masculine mais paradoxalement moins de testostérone que le collectif de Serge Teyssot-Gay et Casey ; moins rock, plus posé, plus métissé musicalement, plus sombre aussi. Mais pourtant proche. Du flow froid et rampant de Marc Nammour, de ses textes…
  • 10000
    J'écoute peu de rap francophone. Mais j'ai la prétention de n'écouter que des choses de qualité. Il faut dire qu'à la différence du rap ricain je m'attache beaucoup au texte, à l'esprit, à l'attitude. Asocial Club, par exemple, est un collectif de mc's venus d'un peu partout mais avec pour…
  • 10000
    Médine est au 11 septembre 2001 ce que « Démineur » est au 7 janvier 2015 : un dommage collatéral. Et si d'aucuns aimeraient le faire passer pour un point de détail de l'histoire du rap français, ceux qui ont déjà pris la peine de lire ses textes savent qu'il n'en est rien.…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *