KELE : 2042

« Ah, mais pourquoi tu t’obstines, bordel ??? ». C’est, en substance, ce que je pourrais me hurler si je me voyais là, face à mon clavier, et sur le point de me lancer dans l’écoute du quatrième album solo de Kele Okereke. Il me faut vous dire, si vous n’êtes pas assidus d’Adopte un Disque (honte sur vous, j’ai du sang gitan et je viens de vous maudire sur 4 générations), que j’ai, fort de mon amour pour Bloc Party, lancé plein d’espoir l’écoute de « The Boxer », puis de « The trick ». Et ai été affreusement déçu les deux fois. Aïe. Du coup, j’ai fait l’impasse sur « Fatherland », l’album de 2017. Mais voilà, musicalement du moins, je suis d’une nature optimiste, persuadé que le changement est indissociable d’une carrière musicale. Et bien aujourd’hui, il est possible que je sois récompensé de ma patience et de ma foi. Si les précédentes réalisations se concentraient sur une espèce de compromis foireux entre musique électronique, r&b et une forme de pop, hum, personnelle, ici le londonien renoue un peu avec le rock. Certes, « Jungle bunny » évoque les racines africaines de Kele en dénonçant le racisme toujours présent, et le disque reste très empreint de groove analogique (de groove tout court d’ailleurs), mais il y a quand même ici un peu plus à se mettre sous la dent. « Jungle bunny », d’abord, plus rock qu’il n’y paraît. « Let England burn » et sa vraie-fausse guitare (même si ce titre ne me convainc guère)… Mais surtout le retour de vraies bonnes chansons, poignantes et riches ; « St Kaepernick wept », « Ceiling games », « Cyril’s blood », « Secrets west 29th »et « Back burner », chacun dans leur style, fonctionnent parfaitement. « 2042 » est un album généreux en titres (16 au total pour une heure de musique) et donnant un panorama complet des désirs et influences de son auteur : de quoi satisfaire pas mal d’auditeurs. Me voici enfin réconcilié avec Kele ; pourvu que ça dure !

Instagram

Facebook

Paroles de l’album

Related Posts

  • 10000
    J'adore Bloc Party, mais le premier essai solo de son chanteur Kele m'avait fortement déçu, et le mot est faible. Alors j'avoue ne pas attendre grand-chose de ce deuxième opus. Le titre d'ouverture me donne raison ; on nage ici en plein territoire house. La voix de Kele est d'ailleurs…
  • 10000
    Kélé ce vacarme ? Bah c'est le premier album de Kelechukwu Rowland Okereke, ci-devant chanteur de Bloc Party voyons ! Non, mais, tu te fous de moi là non ? Ces bidouillages électro, cette voix de pouf, ces beats techno pouet-pouet, ces mélodies toutes pourries, c'est le mec qui m'a…
    Tags: kele, the
  • 10000
    Il est difficile de voir un amour de jeunesses changer, s'affadir, perdre de sa superbe. Incontestablement, Bloc Party fait partie des formations qui ont opéré un énorme changement dans sa musique en quelques années, passant d'un indie rock certes dansant mais puissamment fiévreux à quelque chose tenant plus de l'indie…
    Tags: bloc, me, titres, party, se, rock, plus, toujours, kele, faut
  • 10000
    Ouch. A force de dire que le deuxième album de Bloc Party, "A Weekend In The City", était moins réussi que son prédécesseur, on a réussi à convaincre le groupe lui-même de changer son fusil d'épaule. Le groupe nous revient donc la queue entre les jambes avec un disque plus…
    Tags: bloc, party, plus, disque, titres, album
  • 10000
    Après les claques Interpol, Franz Ferdinand et The Killers, il fallait trouver une relève question machine à tubes de lignée eighties. C’est chose faite avec Bloc Party, quartette anglais se positionnant comme le plus sérieux candidat au titre. Et si le premier titre ne séduit pas vraiment, « Helicopter » remet les…
    Tags: bloc, party, titre, plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *