BOSTON MANOR : Welcome to the neighborhood

Nous nous attardons aujourd’hui sur le deuxième album d’un groupe britannique. Apparemment le premier traînait du côté du pop-punk. Si j’avais lu ça avant de prêter une oreille à ce disque, il est possible que je sois passé à côté. Et ça eut été fort dommage. Car si quelques traces persistent de cette première époque, on en est tout de même globalement bien loin. La musique du groupe de Brighton incorpore autant d’emocore que de rock industriel ou de rock alternatif, mais avec un son et une approche résolument modernes. Comprenez donc que ça chante, que ça crie, que ça a le pouvoir d’évocation d’un emocore, l’accroche d’un pop punk, l’ambiance sulfureuse d’un rock indus et la maturité d’un bon rock déviant. Le résultat, c’est une collection de hits immédiats sans temps mort, avec cependant chacun sa touche. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça marche. De l’introductif bien sombre « Welcome to the neighborhood » à la semi-ballade « The day I ruined your life », on ne s’ennuie pas une seconde. Pas vraiment étonnant que Kerrang ait hissé ce disque « disque de la semaine » récemment. L’avenir dira s’il mérite plus, s’il parvient à squatter suffisamment la platine et l’encéphale pour y rester plus longtemps, mais en tout cas il est très très bon, c’est indéniable. Il a beau exploiter des ficelles assez grosses, ce deuxième opus évite tous les écueils et ne sonne ni trop « déjà entendu », ni emo à mèche, ni adolescent. Et il passe très bien à la réécoute. Bien joué !

Site officiel

Paroles de l’album

Boston Manor : Halo

NORDVARGR : Metempsykosis

Si vous avez trop chaud et que vous cherchez la fraîcheur, ce nouvel album de Nordvargr tombe à point nommé… pour vous glacer le sang. Il faut dire que le dark ambiant industriel du one-man band a tout pour ça. On y entend des machines crisser, s’enrayer, se remettre en marche, s’illustrant de fracas métalliques divers. Une voix d’outre-monde asséner des textes menaçants. Des nappes fantomatiques cheminer le long de couloirs déserts et de paysages post-apocalyptiques. Le rythme souvent pesant vient accentuer l’atmosphère oppressante de l’ensemble. On pourra remarquer sur ce disque une présence accrue des parties vocales, ce qui éloignera encore un peu plus Nordvargr des amateurs de dark ambiant / indus non acquis à la cause metal, puisque ladite voix se rapproche du black / death metal. Une chose est sûre ; l’aura maléfique du projet pèse de tout son poids, et sa réputation maléfique et horrifique n’est pas galvaudée. « Metempsykosis » n’est pas à mettre entre toutes les oreilles, et son économie de mélodies demandera à son auditoire un effort supplémentaire pour y entrer et parvenir à y survivre ! Au final, ceci n’est pas le meilleur album du projet, mais son positionnement moins austère pourrait bien plaire à ses fans.

Site officiel

ROME : Hall of thatch

Difficile de présenter Rome à quelqu’un qui n’a jamais croisé le groupe de Jérôme Reuteur avant. Non pas que sa musique soit particulièrement complexe à décrire, mais elle allie des univers qui ne sont pas forcément aisés à imaginer accolés : celui du (neo) folk, de la pop, et du goth rock martial. Concrètement, une chanson de Rome est généralement sombre, texturée et déclamatoire. Ce qui, j’en conviens, peut lui donner un côté austère. Pourtant, écouter un disque de Rome est un vrai plaisir. Un peu comme si Depeche Mode avait, en 86-87, plutôt bifurqué vers le côté sombre en capitalisant sur ses « Pimpf » et autres « Black celebration ». Bon, ok, tout n’est peut-être pas aussi simple, mais il y a de l’idée. Bien sûr, si vous m’évoquiez les Swans ou Death In June, je serai plutôt d’accord avec vous aussi. Mais bon, si c’était le cas, il y a toutes les chances que vous connaissiez déjà Rome. Bref. Ce que vous devez savoir aussi, c’est que Rome a la particularité d’être très très prolifique. Tant mieux pour les fans. Mais le revers de la médaille, c’est que pour produire autant, Rome a développé des techniques de composition et de production qui lui collent maintenant à la peau. Donc ses disques ont parfois une petite tendance à se ressembler. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont inintéressants. De fait, « Hall of thatch » améliore encore un peu la recette en maîtrisant et canalisant son côté industriel, et nous abreuve de titres auxquels on s’attache à la première écoute : « Blighter », « Hunter », « Slaver », « Hawker » est le quatuor gagnant de ce nouvel album, qui compte (en plus!) quelques autres moments agréables (mais moins transcendants). Rome confirme donc tout le bien qu’on pensait de lui, alors que vous connaissiez ou pas les luxembourgeois, il est est temps de leur (re)donner une chance !

Site officiel