MAD CADDIES : Punk rocksteady

Cette année, les Mad Caddies, rois par intérim du ska-punk de leur état, ont décidé d’être là où on ne les attendait pas forcément, à savoir sur un disque de reprises. Bon, ceux qui les ont un peu pratiqué savent que le groupe est plutôt fortiche dans le domaine, puisqu’il nous gratifiait dès « The Holidays have been canceled » en 2000 d’une magnifique reprise du « S.O.S. » d’Abba. Ici, il s’agit de reprises de titres punk sélectionnés par Fat Mike, copain mais aussi patron de leur label. Mais les petits malins les ont rhabillé à leur sauce, et puisque leur style a évolué au cours des années, ça s’oriente de plus en plus vers le ska pur, avec des influences reggae grandissantes, débordant à l’occasion vers le dub. Ce qui donne aux titres de Green Day (« She »), NOFX (« She’s gone » – on est jamais aussi bien servi que par soi-même, hein Mike ?), GBH, Bad Religion (« Sorrow »), Operation Ivy (« Sleep long »), Propagandhi (« And we thought that nation-states were a bad idea »), Against Me ! (« Sink, Florida, sink »), The Misfits(« Some kind of love »), The Descendents (« Jean is dead »), Tony Sly (« AM »), Lagwagon (« Alien8 »), Bracket (« 2RAK005 ») et Snuff (« Take me home [piss off] ») une fraîcheur nouvelle et agréable, et transforme un projet plus ou moins imposé (rêvé par Fat Mike apparemment) en une surprise qui nous fait oublier un temps l’envie de mettre la main sur du nouveau matériel des californiens. Et qu’on se rassure ; comme tout bon disque de reprises, il peut être apprécié qu’on connaisse l’ensemble des titres ou pas. Par contre, il faut le dire, le groupe a foiré son coup ; en sortant ce nouvel album, il est quand même pile poil où on l’attendait ; en boucle sur notre platine !

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    Tags: titres, a, mad, plus, caddies, ska, punk, reggae

LA DAME BLANCHE : Bajo el mismo cielo

Si, comme moi, vous n’avez pas vu débarquer le phénomène La Dame Blanche avec son deuxième album, ce troisième album de la parisienne d’adoption sera l’occasion de vous rattraper. Une petite mise en garde s’impose ; pour pénétrer cet univers, il vous faudra ouvrir grand les oreilles. Car ici, on navigue entre cumbia, hip-hop, musique latino, dancehall et musique électronique. Il faut dire que la demoiselle est bien implantée dans le paysage musical, puisque fille de musiciens et du directeur artistique du Buena Vista Social Club, et elle-même comparse de noms comme Babylotion, Sergent Garcia, Rumbanana, le Grand Orchestre du Splendid, El Hijo de la Cumbia. Je vous l’accorde, ce n’est pas vraiment mon rayon tout ça. Et pourtant, ce n’est pas le label qui est venu me chercher sur ce coup-là. Croisé au hasard d’une liste de nouveautés, je donnais à ce disque, malgré sa pochette assez WTF, peu de chance de se voir accorder plus que les quelques secondes d’attention de la préécoute rituelle. Mais une fois lancée, la fraîcheur, l’énergie de l’ensemble et la variété instrumentale m’ont convaincu d’en parler ici. Bien sûr, si certains d’entre-vous fréquentent déjà assidûment le hip-hop latino, l’afro-electro, la trap sud-américaine, « Bajo el mismo cielo » se révélera peut-être moins percutant. Mais pour moi, quel uppercut ! Le rythme tient chaque titre sous son joug certes, les prods sont excellentes, mais c’est surtout la voix et le flow de La Dame Blanche qui vous tiennent en haleine. Un bémol cependant. Je sais que c’est un peu le genre qui veut ça, mais l’abus d’autotune me gonfle toujours autant, surtout quand on sait très bien faire sans. Le disque est parsemé de featurings sympathiques, mais même sans, il serait très bon. Il me fait l’impression d’un Die Antwoord sud-américain, excusez du peu. Bravo et merci à Jarring Effects de nous offrir ce beau moment de musique latino nu-school !

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La Dame Blanche : Dos Caras

La Dame Blanche : Fana

LES FATALS PICARDS : Droit de véto

Bien avant leur participation à l’eurovision, nos amis amienois étaient déjà des chantres des bons mots et du millième degré. « Droit de véto », deuxième album du groupe qui regorge de titres drôles et immédiats. Bon, ceci dit, pour apprécier l’ensemble de ce disque, il faut quand même bien kiffer l’humour débile et régressif. Punks dans l’âme, les ex Fourmis Violentes utilisent pourtant un panel assez larges d’influences musicales ; chanson, electro, rock, pop, punk, ragga, rien n’arrête leur soif de métissage et leurs jeux de mots. Parmi les titres les plus marquants, on peut citer « Schizophrène », « J’fais du bruit », « Goldorak est mort », « J’suis un vaurien », « Chasse pêche et biture », « C’est la vie, cuicui », la version « all stars » de « Sauvons Vivendi » (dans les chansons cachées). Bref, on a ici une bonne dose de n’importe quoi, quelque part entre Marcel Et Son Orchestre et Didier Super, bref de fiers représentants de la région Haut de France !

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Les Fatals Picards : Goldorak est mort

BLACK MEPRYH : Je me relève

Il est très rare qu’un artiste de rap me contacte pour une chronique, même si j’écoute et j’apprécie ce genre depuis mon enfance. Pourquoi ? Parce que sur Adopte Un Disque, il faut le reconnaître, la part belle est donnée au rock sous tous ses aspects. Donc, le fait de m’écrire alors qu’on a que peu de chances d’atterrir sur le site peut signifier deux choses :

– la personne qui m’a écrit ne sait absolument pas où elle fout les pieds et frappe à toutes les portes

– la personne qui m’a écrit connaît le terrain et s’y sent à l’aise

J’ignore comment Black Mepryh est tombé sur le site, mais son lien vers « Je me relève » m’a poussé à le découvrir davantage. J’y ai découvert un artiste complètement à contre-courant par son côté positif et « adulte », et j’ai voulu savoir s’il ne s’agissait que d’une façade ou si le gusse était vraiment comme ça. Et bien, il l’est. Activiste social, chantre du respect de la différence, Black Mepryh est également un peu touche-à-tout musicalement parlant, même si les différents genres pratiqués sont connexes : rap, reggae, r&b, ragga, zouk. Ce disque est donc un condensé de toutes les envies et toutes les facettes de l’artiste. Le bon côté, c’est que « Je me relève » est tout sauf un bloc compact et impénétrable. Hétérogène, généreux comme l’est Black Mep (le disque est téléchargeable librement), ce premier album souffre de ses qualités : trop long, trop éparpillé, et trop impulsif. L’influence de Kery James est bien là côté rap, mais les textes manquent encore un poil de profondeur et de nuances, et tombent souvent dans un travers trop moraliste qui peut rappeler un Assassin en son temps. Côté instru, ça se tient bien même si ça reste assez classique. Les samples sont bien choisis. Dans l’ensemble, « Je me relève » a tout de l’album de jeunesse qui promet de beaux jours. Une belle initiative à encourager !

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BITTER GROUNDS : Hollowlands

Présents sur la scène punk néerlandaise depuis 20 ans cette année, les membres de Bitter Grounds ne sont pas des petits joueurs. C’est pourtant avec leur premier album qu’ils s’amènent sous le bras. Et si celui-ci débute sous des cieux très orageux avec un « Hollowlands » très punk rock ricain (Bad Religion n’est pas loin), le groupe bifurque bientôt vers un rock ska / reggae du meilleur effet avec un « Struck out » et un « Tell me now » qui pourraient évoquer un Chocking Victim en beaucoup plus sage. « Life of violence » ressort les guitares, et on constate que quel que soit le choix musical effectué, Bitter Grounds s’en sort haut la main. « Hollowlands » est certes court, mais il est sacrément charpenté. Ses titres ont à la fois du panache, du rythme et de la classe. L’ensemble est certes parfois un peu trop brut, brouillon, mais toutes les chansons sont bonnes. Et c’est peut-être le plus rageant. Car mieux prises en main, ces titres pourraient avoir un impact bien plus considérable que le (très) bon disque auxquels ils donnent naissance. C’est en tout cas un résultat très encourageant qui laisse espérer une suite vraiment flamboyante !

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Bitter Grounds : Struck out

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