VINNIE PAZ : The pain collector

L’infatigable Vinnie Paz est de retour, cette fois avec un disque solo. Je dois avouer que ses productions en son nom propre m’ont toujours paru en-deça de ses efforts avec Jedi Mind Tricks et Army of The Pharaohs. On retrouve les compères habituels (Ill Bill, Goretex, Reef The Lost Cause) et même Muggs. On retrouve le flow sec et brutal du bonhomme, les instrumentaux sombrement funky et chargés de samples, bref l’univers typique de l’artiste. Et niveau titres ? A boire et à manger. On a du très bon, du moyen et de l’anecdotique. Et autre habitude du garçon, on a droit à une grosse tripotée de titres, qui fait plus que frôler le trop : 19 titres pour plus d’une heure de musique. Même pour ceux qui aiment le genre, c’est l’overdose assurée. Et puis, comme d’habitude, il y a ce petit fossé entre le relatif groove du fonds et la rudesse de la forme. Les deux ne se correspondent pas. Je peux comprendre que ça puisse avoir son charme pour certains, mais ça ne fonctionne pas chez moi. Bien sûr, il ne pollue pas tous les titres, mais il reste trop présent. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, ce « The pain collector », quatrième opus solo de Vinnie Paz, ne me convainc pas totalement, mais s’avère être une pause sympathique (mais convenue) pour les amateurs des collectifs susnommés.

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Vinnie Paz : Blood on my hands

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CYPRESS HILL : Elephants on acid

En huit ans d’absence, les angelinos ont semble-t-il décidé de faire le tour du monde de la fumette. C’est déjà ce qu’on avait cru comprendre avec le premier single de ce nouvel album, « Band of gypsies », judicieusement placé juste après l’intro. Et effectivement, on retrouve bien l’ambiance fumeuse et les instrus world post apo de Muggs période « Temples of boom ». Il faut donc s’attendre à quelque chose de moins bombastique que les derniers albums, plus porté sur les ambiances et le côté sombre et sulfureux. Plus psyché aussi. Le groupe a choisi de multiplier les angles d’attaque plutôt que de produire deux ou trois blockbusters et caser entre eux des bons titres mais plus anecdotiques. « Elephants on acid » est clairement un album pour les fans ; il ne fait pas (plus ?) de compromis, et ses succès (le single précité, « Locos », « Insane OG », « The 5th angel », « Warlord », « Reefer man », la cauchemardesque « Blood on my hands again », la lugubre « Stairway to heaven »…) ont une belle gueule indie. Et s’il s’avère assez copieux avec ses 21 plages, prises individuellement, celles-ci s’avèrent très courtes (maximum 5mn41 pour le final « Stairway to heaven »). Ce qui s’adapte assez bien aux nouveaux modes d’écoute des djeun’s, pour peu que ce disque parvienne à les intéresser. En tout cas, pas de trace ici d’effets de prod’ actuelles ; Muggs n’a plus rien à prouver. « Elephants on acid », hormis la fun (mais pour moi bien dispensable) « Crazy », est probablement l’un des disques les plus sombres que Cypress Hill ait produit. On est pas là pour rigoler. Et c’est tant mieux. Je n’ai pas assez de recul pour vous dire si les titres ici présents sont gage d’un disque inoubliable. D’autant plus qu’ils sont plus sinueux et vicieux, moins immédiats. Mais ce que je peux vous dire en revanche, c’est que je ne suis pas déçu du voyage !

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Cypress Hill : Band of gypsies

Cypress Hill : Muggs is dead

EMINEM : Kamikaze

J’ai laissé passer de longues heures, puis des jours, avant de me lancer dans l’écoute de cet album surprise du futur ex retraité du rap ricain. Parce que, comme beaucoup, « Revival » m’avait pour le moins horrifié. Parce qu’il semblait rechercher un consensus mou, parce qu’il sous-exploitait les capacités du rapper, parce qu’il était mauvais, et puis c’est marre. Et ce « Kamikaze » a beau montrer patte blanche avec son hommage absolument pas caché aux Beastie Boys, il lui fait quand même suite assez rapidement. Mais c’est la magie du rap (et de la célébrité, aussi) : deux œuvres peuvent être radicalement différentes si le maître d’oeuvre a convié des architectes différents. Et ouf, c’est le cas ici. Eminem est revenu à ce qui l’a installé sur le trône : un flow nerveux, volontiers violent, des paroles offensantes pour, euh, à peu près tout le monde, un égotrip de cour de récré parfois, et une roublardise certaine. Celle-ci est ici caractérisée par un changement de ton, avec la disparition soudaine des influences pop et l’apparition d’éléments nouveaux (instrus et phrasés inspirés du trap, ou des récents succès du genre). Et tout ça est indéniablement très bénéfique à l’ambiance générale de ce disque. Dès la minimaliste « The ringer », Eminem sort les crocs. Et s’il fait parfois un pas de côté, histoire de passer le micro à quelques invités, c’est toujours lui qui mène la danse, jusqu’au libératoire « Venom » du futur film éponyme, tubesque en diable. « Kamikaze » est un disque réussi, comportant une majorité de titres forts (j’ai un peu de mal avec ceux de Jessie Reyez, mais soit), et que les fans déçus du bonhomme seraient bien avisés d’écouter. Enfin un retour gagnant !

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Eminem : Fall

Eminem : Lucky you

SOUL ASSASSINS : Dia del asesinato

Quand j’ai vu ce disque sur les tablettes de parution, j’en ai salivé d’avance. Bercé depuis longtemps à la musique du Soul Assassin Muggs, autant au travers de House Of Pain que de Cypress Hill, Psycho Realm ou ses projets solo (et bien accompagnés), je suis les agissements du bonhomme avec avidité. Ce nouvel album (je ne les compte plus) renoue donc sans surprise avec les beats secs, le groove rétro, les basses profondes et les ambiances lugubres. Côté voix, on retrouve comme d’habitude des sommités du genre : MF Doom, Raekwon, Kool G Rap, Freddie Gibbs, et les plus jeunes Meyhem Lauren (avec qui Muggs a collaboré à plusieurs reprises cette année), Mach-Hommy, Hus Kingpin. On pourra bien sûr regretter les absences des habitués Sick Jacken, B-Real et Ill Bill à qui ces instrus auraient (comme d’habitude) été comme un poing américain, mais un peu de variété ne nuit pas non plus. Ceci dit, on pourra faire les mêmes reproches à ce disque qu’aux précédentes sorties labellisées Soul Assassins ; un côté compilation bricolée avec des chutes de studio de qualités diverses. Je retiendrai de cette cuvée « Day of the dead », « Blue horseshoes », « Contagion theory », « Wally face », « Duck sauce » et « Death wish ». Ce qui est déjà plus que respectable pour le coup, mais ne sauve pas le disque de son obsolescence programmée !

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Soul Assassins : Duck sauce

HYRO THE HERO : Flagged channel

Hyro, rappeur de Houston ayant choisi de mélanger sa passion pour le hip-hop avec celle pour le rock, nous revient après un long hiatus de 7 ans. Comment je le sais ? Parce que je dois être par ici l’un des rares à avoir jeté une oreille sur « Birth, school, work, death » et même à l’avoir sur mes étagères à cd. Bien sûr, à l’époque, le style était assez différent (d’où le changement de nom, de « Hyro da Hero » à Hyro The Hero »?). En quoi ? Et bien, si ce premier album posait les bases d’un genre un peu maladroit, mélangeant la diction d’un Eminem au rap rock d’un Kid Rock, il restait très ancré dans le hip-hop. Ici les influences ont changé / évolué, mais sont toujours clairement identifiables. C’en est même parfois gênant, et c’est nonobstant très bien fait : « We ain’t afraid » (et plusieurs autres, d’ailleurs) est calqué sur Rage Against The Machine, gimmicks compris. « Killas are comin » sent bon le Skindred. On croise aussi des influences Limp Bizkit première période, Downset ou Urban Dance Squad. Bref, on pourrait facilement taxer Hyro The Hero de vil plagieur, d’opportuniste. Mais voilà, le rap metal, ça a toujours été son truc, et il n’a finalement pas trop surfé sur la vague, en peaufinant bien ce deuxième album (certes assez cousu de fil blanc), alors qu’il aurait pu multiplier les sorties pour tenter de damer le pion aux Hollywood Undead et autres combos nouvellement apparus sur la « scène ». Alors, verdict ? « Flagged channel » sort largement la tête de l’eau, Hyro a digéré ses influences et sait s’en servir pour produire des titres puissants et efficaces. Les titres de cet opus sont donc à recommander aux nostalgiques comme aux nouveaux convertis, leur principale force étant de se voir portés par un vrai mc qui kiffe le metal plutôt qu’un metalleux converti au rap.

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Hyro The Hero : Bullet