BAYSIDE : Acoustic volume 2

Oh, tout ça ne me rajeunit pas. En 2005, je découvrais l’emo de Bayside avec leur album éponyme, et je succombai immédiatement. Aujourd’hui encore, je continue à l’écouter avec plaisir. Et l’année suivante, le combo remettait le couvert avec des versions acoustiques de ses titres, avec donc « Acoustic volume 1 ». Depuis, notre idylle a tourné court, même si Bayside est encore capable de pondre de magnifiques chansons. Alors je ne peux que tenter l’aventure. La nostalgie m’y aide un peu certes, et l’envie de voir des titres que, peut-être, j’ai écarté avec un peu trop de hardiesse sous un nouveau jour aussi. Premier constat : ce disque est moins roots que le précédent. Les onze pistes paraissent toujours aussi policées et soft, hélas. Le groupe a même poussé le vide (je ne trouve pas d’autre mot) jusqu’à mijoter de nouvelles versions de « Blame it on bad luck » et « Devotion and desire ». Le hic, c’est qu’elles sont totalement dénuées d’intérêt. Traitées de façon pop, elles ont perdu leur énergie, leur grain de folie, leur rébellion. Et le reste est peu ou prou à mettre dans le même sac. Ais-je besoin de vous dire que je suis déçu ? Ce disque est un plaidoyer pour son prédécesseur, qui en comparaison (ou pas, d’ailleurs) est un chef d’oeuvre. Ils auront au moins gagné ça !

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Paroles de l’album

Bayside : It don’t exist

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    Tags: bayside, ne, pop, emo, suis, plaisir, paroles, officiel, site, disque

THRICE : Palms

Il est où le post hardcore, pas là ! Il est où , pas là ! Bon, sans blague, on ne s’attendait pas à ce que Thrice fasse demi-tour et nous gratifie d’un disque plus trappu et agressif. C’est donc sans grande surprise qu’on retrouve le combo sous des cieux beaucoup plus apaisés que ses débuts. Bien sûr, quelques passages essaient de donner le change, mais globalement les 10 titres de ce onzième album conviendront tout à fait à ceux qui aiment l’emo rock et le rock alternatif à l’américaine. Pourtant, c’est avec des sonorités electro pop que Thrice nous accueille avec un « Only us » massif et vraiment très réussi. Pas le titre qu’on s’attendait à entendre, et c’est tant mieux en fait ; le groupe semble avoir pris la décision de se montrer plus audacieux que sur « To be everywhere is to be nowhere » avec lequel j’avais, je le reconnais, eu la dent un peu dure. Et puis « The grey » déboule, et on se retrouve deux ans en arrière. Mais voilà, ça reste un très bon titre. « The dark » s’en écarte clairement, et réussit à nous asseoir une deuxième fois ; assurément un des titres forts de ce disque. « Just breathe » accueille une voix féminine et d’autres couleurs. Pas renversant mais inattendu. « Everything belongs » et « My soul » m’ennuient un peu, trop soft et timorés. Du coup, même si « A branch in the river » fait un peu machine arrière, plus emo rock classique, on est content de retrouver des sensations fortes. Celles de « Hold up a light » sont toutefois un peu trop convenues pour nous transporter de la même façon. « Blood on blood » et sa guitare acoustique nous accompagnent sur un très bon titre mid-tempo. Enfin, « Beyond the pines » clôt ce nouveau chapitre de façon intimiste et mélancolique. « Palms » est un bon disque, et ne se contente pas de reproduire une formule. Si Thrice persiste, ça promet !

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Thrice : The dark

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    Thrice a depuis sa création en 1998 parcouru pas mal de chemin, et sorti pas mal de (très) bons disques. Parti, et maintenant revenu, mais pour quoi faire ? Voyageant depuis ses débuts en terre indé, Thrice a été un modèle du post hardcore, a tutoyé l'émo, a joué dans la…
    Tags: thrice, a, ne, disque, plus, to, se, be, rock, alternatif

WEATHERED : Stranger here

De tout temps, le rock a servi à faire passer des messages, à exprimer des points de vues. Et il est arrivé souvent qu’on soit enthousiasmé par la forme en étant absolument pas réceptif au fonds. Ou l’inverse d’ailleurs. « Stranger here », premier album des américains de Weathered, est de ces disques qui, personnellement, me divisent. Parce que concrètement, leur rock alternatif avec une point d’emo est vraiment bien foutu. Une voix simple et juvénile qui charrie les émotions, une formule guitare – basse – batterie qui n’en fait jamais trop mais connaît assez son taf pour nous emmener où elle veut sans efforts, des mélodies douces-amères comme on les aime, des moments plus enlevés, d’autres plus calmes… Non, « Stranger here » n’est pas un album ultime, de ceux dont on ne se remet pas et qui vous hante durant des mois ou des années. Mais il est de ceux qui insufflent de l’espoir aux petits groupes et aux musiciens du dimanche ; avec pas grand-chose, on peut accoucher d’un vrai bon disque. Le hic, ce sont les textes, chargés d’une foi un peu encombrante pour qui n’en a cure. Ce qui est beaucoup plus gênant pour chanter certains titres sous la douche avec conviction. Attention, je n’ai pas dit que Weathered passait son temps à louer le seigneur, mais c’est un détail qui n’en est pas toujours un. Ce qui ne doit pas vous empêcher d’apprécier ce disque à sa juste mesure, et des titres aussi bons que « Lying in wait », mon coup de coeur !

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Weathered : Stranger here

Weathered : There is one

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    Je ne donnais pas cher de la peau de A après avoir écouté "How Ace Are Buildings" et "A vs Monkey Kong", leurs précédentes réalisations. A vrai dire, je n'ai le souvenir que d'un rock limite punk sans grande imagination ni grand talent. C'est donc avec surprise que je décerne…
    Tags: a, rock, emo, alternatif, indépendant

BOSTON MANOR : Welcome to the neighborhood

Nous nous attardons aujourd’hui sur le deuxième album d’un groupe britannique. Apparemment le premier traînait du côté du pop-punk. Si j’avais lu ça avant de prêter une oreille à ce disque, il est possible que je sois passé à côté. Et ça eut été fort dommage. Car si quelques traces persistent de cette première époque, on en est tout de même globalement bien loin. La musique du groupe de Brighton incorpore autant d’emocore que de rock industriel ou de rock alternatif, mais avec un son et une approche résolument modernes. Comprenez donc que ça chante, que ça crie, que ça a le pouvoir d’évocation d’un emocore, l’accroche d’un pop punk, l’ambiance sulfureuse d’un rock indus et la maturité d’un bon rock déviant. Le résultat, c’est une collection de hits immédiats sans temps mort, avec cependant chacun sa touche. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça marche. De l’introductif bien sombre « Welcome to the neighborhood » à la semi-ballade « The day I ruined your life », on ne s’ennuie pas une seconde. Pas vraiment étonnant que Kerrang ait hissé ce disque « disque de la semaine » récemment. L’avenir dira s’il mérite plus, s’il parvient à squatter suffisamment la platine et l’encéphale pour y rester plus longtemps, mais en tout cas il est très très bon, c’est indéniable. Il a beau exploiter des ficelles assez grosses, ce deuxième opus évite tous les écueils et ne sonne ni trop « déjà entendu », ni emo à mèche, ni adolescent. Et il passe très bien à la réécoute. Bien joué !

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Boston Manor : Halo

ALKALINE TRIO : Is this thing cursed ?

Alkaline Trio est constant dans l’effort. Depuis 1996, il continue à proposer sa vision du punk rock, à savoir des chansons assez poppy mais bien rythmées, aux paroles sombres, et au look emo – goth. Le groupe a commis de beaux albums, mais a mis un stop dans son évolution musicale depuis un moment. Sans d’ailleurs qu’on s’en trouve gêné : on a appris à faire confiance à Matt Skiba pour composer un style qui ne s’encombre pas de folie créatrice mais qui sait jouer avec les codes qu’il utilise pour faire les choses vite et bien. Et on est d’ailleurs pas les seuls, puisque le monsieur se retrouve depuis 2015 derrière le micro de Blink 182 suite au départ de Tom Delonge. Bref. Pas de révolution donc ici malgré les cinq ans d’absence du groupe. « Is this thing cursed ? » peut donc se ranger à côté de ses aînés sans qu’on y trouve à redire. Cependant, sommes-nous encore disposés à suivre la formation sur cette route déjà bien balisée ? Mais voilà, avant que l’on puisse avoir le temps de répondre à cette question, les 39 minutes de ce neuvième album sont terminées. Est-ce que ça signifie que Alkaline Trio a gagné son pari ? Peut-être, pour l’instant du moins !

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Alkaline Trio : Demon and division