BLACK TUSK : TCBT

Je me suis toujours demandé si, en l’absence de Baroness et Kylesa qui partagent la même origine géographique (Savannah, Georgie, USA), on aurait remarqué Black Tusk. Bien sûr, la musique du groupe est sympathique, mais leur autoproclamé swamp metal n’est ni plus ni moins qu’un (habile) mélange entre sludge, death et crust, non ? Enfin, bref, « TCBT » (pour « Taking Care of Black Tusk »), sixième album du combo, est sorti et s’apprête à les emmener sur les routes. Et je dois dire que, comme d’habitude, le groupe n’aura aucun mal à le défendre. Effectivement, Black Tusk s’y entend pour accoucher de titres qui sonnent crade, brutal et in your face, et c’est ce qu’on vient chercher en live avec un groupe de cette trempe. Pourtant, un titre comme « Scalped », plus mis en scène, laisse entrevoir un potentiel que jusqu’ici le groupe n’a fait qu’effleurer, préférant se la jouer premier degré. Mais les gars, les claviers flippants dans vos morceaux, c’est tout bon, et ça n’empêche pas de bourriner derrière ! A part ça, le style de Black Tusk n’a pas bougé d’un poil. Du coup, si on s’en était lassé sur les précédents, il est inutile de donner sa chance à « TCBT ». En revanche, si vous aimez vous faire violenter les oreilles par leur musique, foncez, vous ne serez pas déçus par cette livraison plus varié et tout aussi dévastatrice !

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ANCST : Ghosts of the timeless void

Le black metal et le hardcore étaient faits pour se rencontrer, c’est une évidence. Et si vous n’avez jamais eu l’occasion de poser une oreille sur un disque des allemands de Ancst pourraient bien ne pas partager ma vision des choses. Mais ça ne va pas durer. Bon, avant de pousser la porte, je vais vous l’avouer , il y a aussi ici un peu de crust. Voilà, c’est dit. Mais bon, vous allez survivre hein, je vous jure. Bien sûr, quand vous aurez subi un « Dying embers », vous ferez moins les fiers. D’ailleurs, pour être très honnête, l’ensemble de ce deuxième album s’avère à la fois rapide, brutal, définitif. Certes, quelques accalmies percent la chape de plomb des riffs ça et là, mais c’est bien l’exception qui confirme la règle. Pourtant, on le sait, le groupe est capable d’apporter bien des nuances à sa musique, voir de la changer du tout au tout. Ainsi, depuis sa formation en 2011, il affiche une somme d’ep et de splits impressionnants, avec des titres carrément ambiants, très loin de ce « Ghosts of the timeless void ». Si vous cherchiez une ambiance zen et relax ici, passez votre chemin. Le riffing est black, la virulence crust, la voix crust / hardcore. En 41 minutes et 11 titres, Ancst fait le tour de la question en exploitant des riffs classiques et efficaces, destinés à nourrir le mosh pit. On est pas ici pour jouer dans le feutré ou découvrir de nouvelles sensations, on est ici pour headbanguer à s’en décrocher la mâchoire. Forcément, le genre est un peu limité et amène quelques redondances, mais le combo a l’intelligence d’aménager des fluctuations d’intensité, des passages (courts) plus atmo. Et s’en sort vraiment bien avec ce disque.

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Paroles de l’album

Ancst : Dying embers

VALLENFYRE : Fear those who fear him

Né d’un deuil (la mort de son père), Vallenfyre a toujours été pour Gregor Mackintosh un pur exutoire, une catharsis. Bien sûr, depuis 2009, l’eau a coulé sous les ponts, et le groupe anglais aurait pu s’effacer (d’autant plus depuis que Paradise Lost a pris un chemin plus old school et death), mais le guitariste a décidé de ne pas raccrocher les gants. Et voici donc le troisième album du projet, qui une fois de plus s’enfonce plus avant dans la brutalité death / crust. En 12 titres et 38 minutes, Vallenfyre ne cherche pas du tout à impressionner ou à innover, juste à se faire plaisir, un plaisir gentiment coupable et régressif. Un plaisir que, je l’avoue, je ne partage pas du tout. j’ai beau me forcer, je ne vois absolument pas l’intérêt d’une telle entreprise. « Fear those who fear him » est brutal, bien produit, et aussi honnête que direct. Mais il manque la plupart du temps d’accroche mélodique. Et c’est donc uniquement dans les moments les plus death doom (« An apathetic grave », et « The merciless tide ») que je m’y retrouve. Ce qui est bien maigre et qui pourrait mon faire basculer mon appréciation générale vers le néant. Mais je ne peux pas dire que Vallenfyre fait mal son taf, et je conçois qu’on puisse apprécier ce disque pour le défouloir qu’il représente. Mais ne m’en demandez pas plus !

Paroles de l’album

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Vallenfyre : Kill all your masters

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MARTYRDOD : List

martyrdod_list

La sauvagerie, c’est un concept souvent galvaudé en territoire metal. Mais le crust metal de Martyrdod, lui, n’y est pas étranger. Le groupe a beau se revendiquer « mélodique », ce qu’il nous propose depuis 2001 en a toutes les caractéristiques. Déboulant à 200 à l’heure , les dix titres de ce sixième album n’autorisent l’auditeur à se reposer qu’au cours d’un « Dromtid » de bien courte durée. Le black metal n’est jamais loin, le thrash non plus. Bon, ceci dit, la redite non plus : le crust a quand même une certaine tendance à être répétitif, puisque basé sur des éléments triés sur le volet, et dans une configuration restreinte. Mais vous savez quoi ? On s’en fout. S’en prendre plein la gueule, limite plus que sur un disque de black pur, c’est ce qu’on vient chercher ici. Il faut dire que la part du rock n’roll dans la musique de Martyrdod est majoritaire, et que cette énergie du malin fait pencher la balance en la faveur de « List ». Pas pour les petits joueurs.

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Martyrdöd : Harmagedon

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RAISED FIST : From the north

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J’ai découvert Raised Fist en 1995, grâce à la compil’ « Cheap shots » de Burning Heart. Sauf que le groupe y siégeait avec plein de grosses machines punk / hardcore, qui ont à l’époque plus retenu mon attention que le groupe suédois (Millencolin, Breach, 59 Times The Pain, No Fun At All). Mais ce n’est pas pour autant que le hardcore punk du combo m’a laissé froid ; plus sauvage et groovy que celui de ses homologues ricains (du moins le peu que je connaissais à l’époque), il me paraissait vraiment intéressant et plein de promesses. J’avais juste un peu (beaucoup?) de mal avec la voix d’Alexander Hagman, à la fois hurlée et aiguë, tutoyant le crust. Et vingt ans plus tard, je retrouve Raised Fist comme je l’imaginais ; les mêmes ingrédients, avec plus d’expérience et de savoir-faire. « From the north » est une pure merveille de composition, comptant presque autant de titres imparables que de pistes. Alors bien sûr, il y a toujours ce chant qui peut déstabiliser, voir rebuter. Mais pour peu qu’on l’apprécie (ou qu’on s’y habitue ), c’est vraiment le petit arbre malingre qui cache la forêt de pins millénaires. Un sixième album exemplaire.

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