JUMP, LITTLE CHILDREN : Sparrow

Jump, Little Children nous revient après treize ans de silence. Le groupe américain s’était illustré avec un rock / pop indé assez flamboyant. D’abord entamée sous la forme d’un rock alternatif aventureux, la musique du groupe a peu à peu gagné en accalmies indie pop mais jamais en audace, procédant à des greffes électroniques, folk, world music ou baroque. C’est le morceau-titre qui ouvre la marche. Les mélodies vocales, le côté hymnique de la mélodie, la fin osée, tout est réuni pour satisfaire les fans. Mais bien moins encore que sur « hand on my heartache », petit tube tranquille, et petit frère d’un Manic Street Preachers en moins maniéré. « X-raying flowers » poursuit le travail avec une indie pop baroque. « Voyeuropa », sa partie parlée / rappée et son refrain sur deux variations étonnent. « Je suis oblivion » est sympathique mais, bon, les américains qui s’essaient au français, ça n’est jamais une réussite. « White buffalo » recentre le propos vers la folk pop, suivie de près par une « Cyclorama » un peu trop fade. « The protagonist moves on » fait un pas en avant, et bientôt une « Euphoria designed » magnifique et orchestrale lui emboîte le pas. Dommage que « Violets » ne soit pas du même tonneau. « Reality distortion field » renoue avec le chant parlé, tout en étant plus intimiste et en incluant des moments de pur rock. Enfin, « Boyhood » conclut ce retour par une ballade atmosphérique du meilleur effet. Joli coup messieurs !

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Jump, Little Children : X-raying flowers (lyric video)

BAYSIDE : Acoustic volume 2

Oh, tout ça ne me rajeunit pas. En 2005, je découvrais l’emo de Bayside avec leur album éponyme, et je succombai immédiatement. Aujourd’hui encore, je continue à l’écouter avec plaisir. Et l’année suivante, le combo remettait le couvert avec des versions acoustiques de ses titres, avec donc « Acoustic volume 1 ». Depuis, notre idylle a tourné court, même si Bayside est encore capable de pondre de magnifiques chansons. Alors je ne peux que tenter l’aventure. La nostalgie m’y aide un peu certes, et l’envie de voir des titres que, peut-être, j’ai écarté avec un peu trop de hardiesse sous un nouveau jour aussi. Premier constat : ce disque est moins roots que le précédent. Les onze pistes paraissent toujours aussi policées et soft, hélas. Le groupe a même poussé le vide (je ne trouve pas d’autre mot) jusqu’à mijoter de nouvelles versions de « Blame it on bad luck » et « Devotion and desire ». Le hic, c’est qu’elles sont totalement dénuées d’intérêt. Traitées de façon pop, elles ont perdu leur énergie, leur grain de folie, leur rébellion. Et le reste est peu ou prou à mettre dans le même sac. Ais-je besoin de vous dire que je suis déçu ? Ce disque est un plaidoyer pour son prédécesseur, qui en comparaison (ou pas, d’ailleurs) est un chef d’oeuvre. Ils auront au moins gagné ça !

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Paroles de l’album

Bayside : It don’t exist

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    Tags: bayside, ne, pop, emo, suis, plaisir, paroles, officiel, site, disque

VILLAGERS : The art of pretending to swim

En 2015, « Darling arithmetic » avait été une bouffée de poésie, d’élégance et de beauté. L’irlandais Villagers y confirmait tout le bien qu’on pensait de lui tout en approfondissant encore sa démarche créative par le biais de plus d’hybridation de pop, folk rock et éléments électroniques. En toute logique, j’espérais retrouver sur ce quatrième album fabriqué à la maison, dans un home studio tout neuf, peu ou prou la même chose. Alors quand « Again », qui contient bien tous ces éléments, mais aussi quelque chose de plus accrocheur, entame le premier mouvement, je ne peux qu’être en confiance. « A trick of the light » enfonce le clou. On a du groove qui ne fait pas vraiment danser, de la pop qui ne fait pas chanter à tue-tête, de la folk qui ne se perd pas dans la nature ; c’est beau, apaisé, évident mais pas pompier, bref ça a un charme fou. « Sweet saviour » est encore meilleure. Je pense au « California » de Perry Blake en moins grave, plus lumineux. Ce titre est juste magnifique. « Long time waiting » est plus groovy, plus complexe, moins immédiat, mais très bon aussi. « Fool » est encore une superbe chanson pop folk. « Love came with all that it brings » y introduit des cuivres et des cordes. « Real go-getter » et son gimmick obsédant nous bercent, et « Hold me down » comme « Ada » ne font pas retomber l’attention et le plaisir, bien au contraire. Bilan ; un nouvel album d’une beauté et d’une inventivité renouvelées.

Paroles de l’album

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Villagers : Fool

Villagers : A trick of the light

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THE GOON SAX : We’re not talking

The Goon Sax est un trio pop australien avec un humour très personnel. Tenez, sur leur page facebook, ils déclarent que leur musique est inspirée par aldi. Zet si vous venez à regarder le clip de « She knows », vous constaterez que celui-ci aussi est riche en ouatzefeuqueries diverses. Bref, les jeunes gens sont des originaux. Un état d’esprit qui transparaît un peu aussi dans leur pop mâtinée de post punk et d’indie pop, dans leur détachement à l’interprétation (mais je n’ai pas dit froideur), dans leur simplicité et leur semi-fausseté déconnectée de leur époque. Ils n’ont pas l’air d’avoir la pression, ceux-ci. Certains pourraient avancer que c’est grâce à la position enviable (?) de « fils de » de Louis Forster, rejeton de Robert des Go-Betweens, légendes de l’indie-rock un peu plus que local. Mouais. Je pense que ça n’a rien à voir. « We’re not talking » sent la prise directe, l’immédiateté, l’absence de prise de tête. Bien sûr, ici et là, on y ajoute sa sauce, un instrument, une rythmique qui va mieux, mais il semble tout de même assez brut. Ce qui est plutôt appréciable. Mais qui comporte des défauts. The Goon Sax défend un style fait de bric et de broc, qui sonne volontiers daté, simple, lo-fi dans l’esprit. Et malgré la dualité du chant, malgré des titres sympathiques, ça a du mal à passer chez moi. Il y manque des aspérités, une part sombre dont le groupe semble de se moquer mais qui me tient à coeur. Next !

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The Goon Sax : She knows

JUANITA STEIN : Until the lights fade

En 2017, avec « America », Juanita Stein accouchait d’un disque laid back folk joli mais pas transperçant non plus. Une petite année plus tard, la revoici avec, euh, c’est quoi ça ? Un album, un ep ? Je serai tenté de pencher pour la première solution. Les disques d’une demi-heure sont en train de s’imposer comme un nouveau format idéal dans une société où on consomme autrement la musique. Défaut d’attention, zapping, 30 minutes c’est pas la mer à boire, et avec 10 chansons, tout le monde est content. Vraiment ? Ben, oui, pourquoi pas ? La dame a opéré un subtil changement d’ambiance dont l’auditeur est prévenu sur la pochette. Plus urbain, plus brut, « Until the lights fade » va certes puiser dans les ressources folk pop de l’ex Howling Bells, mais n’hésite pas à se faire plus direct et à mettre plus en avant les guitares. Ce qui ne l’empêche pas de bénéficier de ce son ample qui a fait le charme du précédent, et de la légère touche mélancolique qui le rendait attachant. Ceci dit, « America » avait des failles, que le panachage des ambiances des titres de celui-ci avait pour mission de gommer. Est-ce réussi ? En partie. Cet album est une fois de plus de qualité, mais ça reste une tranche de vie, avec ses hauts et ses bas. Ce qui ne nous empêchera pas de continuer à suivre Juanita avec l’attention qu’elle mérite.

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Juanita Stein : Forgiver

Juanita Stein : Get back to the city