HOLLYWOOD BURNS : Invaders

Le monde du dark synth est un monde impitoyable et surpeuplé dans lequel il est obligatoire de trouver un moyen de tirer son épingle du jeu. Hollywood Burns, donc. A son propos, on dit qu’il prend ses racines dans les années 50 et ses films de genre (ceux qui font voler des soucoupes dans le ciel, d’où sortent tout un tas de russes extraterrestres bien flippants et entreprenants niveau conquête du monde). Voici qui est alléchant. Et ce que semble confirmer une « Opening titles » qui aurait plus sa place dans un bon film SF – horrifique. Pourtant, lorsque « Black saucers » démarre, enfin je veux dire démarre vraiment, le style en rappelle bien d’autres : un dark synth hyper énergique et efficace. Ok, on aurait pu trouver pire, c’est sûr. « Sherzo no°5 in Death Minor » va encore plus loin dans l’amalgame de la musique de film et du dark synth. Moins percutant, mais plus original. Le reste du disque va d’ailleurs dans la même direction, sans que l’on y trouve à redire. Bon, ceci dit, c’est plus souvent aux eighties et à leur cortège de films cultes (on pense souvent à Gremlins, par exemple) qu’aux fifties et leurs créatures en carton-pâte. Ce qui n’empêche pas les surprises ; « Bazar of the dead » et ses guitares heavy, « Survivors » et son chant auquel on ne s’attendait vraiment pas. Oh, ça paraît maigre, mais étant entendu que le style d’Hollywood Burns est déjà assez original, c’est bien suffisant, d’autant plus lorsqu’on ne s’attend qu’à un disque de dark synth !

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DHANI HARRISON : In///Parallel

Quand on est le fils d’une star mondiale, d’un indécrottable globe-trotter, d’un musicien émérite… on étonne personne quand on suit les traces de papa. Dhani Harrison a pourtant attendu longtemps avant de se lancer en solo, après avoir fondé en 2006 le groupe « thenewno2 », écrit des musiques de film, participé au supergroupe Fistful Of Mercy… et fait germer les idées les plus folles. Car si Dhani a plus qu’une certaine ressemblance avec son papounet au niveau physique, si vous vous attendez à trouver au sein de ce « In///Parallel » une pop aux légers relents psyché et world, vous allez être soufflés. Imaginé dans le confort de son petit crâne de A à Z avant enregistrement, ce premier album ratisse très large : musique électronique, rock progressif, musique de film, pop , trip hop, influences world, bref un melting pot à la fois immensément complexe à défricher et très riche. Un style qui m’évoque parfois le Muggs de « Dust », ce qui n’est pas un maigre compliment dans ma bouche, ou pourquoi pas le Trentemöller de « Into the great wide yonder ». De fait, chaque titre est un voyage, agrémenté par la présence de plusieurs voix féminines, et de traitements divers sur sa propre voix. L’ensemble se déguste comme un repas dans un restaurant de cuisine moléculaire à l’aveugle : on ne sait pas de quoi sera faite la prochaine bouchée et on s’attend à être surpris à chaque fois, tant par le goût que la texture. Dhani n’invente rien, mais il réagence, redispose, rééquilibre de façon si intelligente que le résultat est pratiquement le même. C’est donc une chouette expérience, ce premier album, et on espère qu’elle ne s’arrêtera pas là !

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Paroles de l’album

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IIVII : Invasion

Josh Graham n’est pas vraiment le genre de personnes à vivre sur ses acquis musicaux. Neurosis, Red Sparowes, A Storm Of Light, Battle Of Mice, son cv est rempli de formations qui explorent, arpentent, explosent les limitent qu’on souhaite leur imposer. Alors pour ce projet qu’il a lancé en 2014, on en attendait pas moins. Mais reprenons au départ. IIVII, c’est un projet initié avec l’optique d’allier science fiction et electro ambiant. On a donc ici neuf titres constituant un véritable concept-album 100 % instrumental relatant une invasion extraterrestre. N’ayant pas eu le livret, je n’ai pas eu le loisir de découvrir l’éventuelle explication de non-texte qui s’y cache. Mais en ai-je vraiment besoin ? La musique très évocatrice de ce premier album se suffit à elle-même. Le mystère, l’angoisse et la noirceur rivalisent de moyens de s’exprimer au travers de sonorités complètement électroniques et cinématographiques à la fois. « Invasion » n’est pas un album de fans d’electro ambiant lambda, je le conseillerai plutôt aux amateurs de musique de film. Bon, par contre, ceux qui sont venu y chercher du post metal, post hardcore, ou metal indus en seront pour leur frais. Rien de tout ça ici, juste une nouvelle forme modelée à partir de ce qu’on connaît déjà. La musique de IIVII méritera, bien sûr, qu’on l’explore à notre tour, qu’on la dissèque comme un petit gris ; il n’y a que comme ça qu’on pourra mieux la comprendre et encore plus l’apprécier. Un sacré voyage en tout cas !

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IIVII : Painless

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EPIC NORTH : Arcadia redux

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Epic North pratique une musique pour geek. Comment je peux me permettre de prendre un ton aussi assuré, presque péremptoire si je n’étais derrière mon clavier ? Et bien, c’est simple : le groupe définit lui-même le genre qu’il pratique comme de la « trailer music ». Soit une musique de bande annonce, fonctionnelle par définition, mais pas forcément destinée à une écoute attentive une fois expurgée des images qu’elle est sensée aider à faire vendre. Et d’ailleurs, hormis le facebook du collectif, il est difficile d’en trouver une trace sur internet. Pourtant, Epic North ne chôme pas, proposant depuis 2013 une pelletée de productions dont celle-ci, dernière en date, toujours aussi épique, dramatique et bombastique. Car oui, même si on en parle pas, ce genre de musique est (forcément) efficace, accrocheuse, en un mot bonne. Alors oui, elle est aussi complètement à réserver aux amateurs de musique de film, dont elle reprend et concentre toutes les ficelles et tous les codes. « Arcadia redux » est donc une collection de morceaux instrumentaux richement orchestrés, pas très originaux et un peu pompiers mais très puissants et très bien tournés. En fin de compte, on passe un bon moment ici, et on y reviendra avec plaisir à l’occasion.

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SLOW MEADOW : Slow Meadow

slowmeadow

Non mais franchement, qui a besoin d’un film pour faire de la musique de film ? C’est ce qu’a du penser Slow Meadow, autrement dit Matt Kidd, en composant ce premier album. Premier album qui sort chez Hammock, label de Hammock, sortant jusqu’ici uniquement les disques de…Hammock. Ça va ? Ça ne fait pas trop de personnages pour vous, vous arrivez à suivre ? Les deux hommes se sont apparemment retrouvés sur pas mal de sujets, et on s’en doute, sur la musique, puisqu’Hammock semble également féru de post rock et musique ambiant. Ce que propose justement Matt Kidd (ah, ben ça alors!). Les modes d’expressions des deux hommes ont forcément quelques similitudes, mais Slow Meadow possède une patte plus soyeuse, plus dramatique, grâce à son utilisation peu parcimonieuse de cordes et de piano. La pochette illustre bien la chose ; on est dans le beau, le triste, le voilé. Hammock (encore lui) apparaît sur le premier et le dernier titre, comme pour un contrôle qualité. Une validation que j’apporte aussi sans mal, puisque ce disque, sans pour autant être inoubliable, remplit largement son cahier des charges.

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