BONG : Thought and existence

Revoilà Bong et son drone doom sludge stoner. Que peut-on en dire ? Qu’il réitère le coup du « j’te ponds deux titres ultra-longs et embrumés » ? Oui. Qu’il le fait cependant avec intelligence, en exploitant au mieux quelques notes égrenées, des riffs étirés, une puissance pachydermique, un chant presque mystique, des ambiances planantes, un pouvoir d’évocation qui en rappelle d’autres mais qui suffit à faire de leurs albums un voyage hypnotique, que l’on soit sous l’effet de psychotropes ou pas ? Parfaitement. On peut dire aussi que cette pochette spatiale, sinon stellaire, est de toute beauté. Et regretter que le deuxième titre ne soit pas un peu plus court, alors que le premier est un pur chef d’oeuvre. Ce qui explique cette note mi figue mi-raisin, mais ne m’empêchera pas de me lancer dans l’écoute du prochain d’ici deux ou trois ans.

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    Tags: bong, doom, chant, sludge, officiel, site, plus, and, titres, drone

CLEOPATRICK : The boys

Inutile de chercher bien loin les influences de Cleopatrick, elles sautent aux oreilles dès les premières notes de « Daphne did it » : Soundgarden, Queens Of The Stone Age et Royal Blood. Bah, pourquoi pas après tout ? Si les canadiens avaient eu mauvais goût, on aurait pu leur jeter la première pierre, mais là, non. D’autant plus que si la mixture n’est pas follement originale, elle a le mérite de tenir la route. Bon, en même temps, elle a plutôt intérêt, puisque le groupe s’est fait fort via un communiqué de faire table rase du rock actuel, jugé sans âme, sans attitude et sans saveur. L’ambition du duo est donc de donner un bon coup de pied dans la moutonnière et de réinventer la musique du diable comme elle n’aurait jamais du cesser d’être ; rebelle, anticonformiste et novatrice. Tâche ardue s’il en est, que « The boys », ses six titres et ses vingt minutes ne parvient pas encore à accomplir, malgré des qualités certaines. Pourquoi ? Peut-être est-il encore trop proche de ses modèles, ou trop homogène dans ses riffs. Ce qui n’empêche pas cet ep d’accéder à une très bonne note, puisque objectivement, chaque titre est très bon !

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Paroles de l’album

Cleopatrick : Hometown

SMOGS & TACOS : Dreams removal

Né en 2009, le bordelais Smogs & Tacos nous apporte ici son premier album, après deux ep pour se mettre en jambe. Et qu’y entend-on ? On serait tentés d’évoquer le post rock à l’écoute de l’introductif « Dreams removal », de la présence d’un violoncelle, de cette recherche d’ambiance. Mais le groupe se caractérise aussi par une écriture (indie) pop, une énergie bien rock, des influences rock alternatif, grunge, stoner soft et pourquoi pas aussi puisées dans l’électro mélancolique des nineties. Bref, pas l’énième combo du bout de ta rue venu taper le bœuf après le boulot. Certes, tous les titres ne sont pas égaux, certains insistant plus sur le côté abrasif et noisy, voir déglingo de la jeune formation, mais dans l’ensemble la parité entre fougue et raison mélodique est préservée, et on ne peut que féliciter Smogs & Tacos pour sa propension à écrire des refrains qui traînent en tête. La présence discrète mais essentielle du violoncelle apporte un supplément d’âme (et de mélancolie) aux titres. Franchement, les participants au financement collaboratif qui a servi (en partie) à financer la sortie de ce disque et sa release party n’ont pas gaspillé leurs deniers ; ils ont participé à la reconnaissance d’un très bon groupe de rock français (mais anglophone). Merci à eux et longue vie à Smogs & Tacos !

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Smogs & Tacos : Thoramali

THE DEATH WHEELERS : I tread on your grave

Vrai premier album des québécois, « I tread on your grve » est comme ses grands frères entièrement instrumental. Ce qui n’exclut pas une forme de narration. Car le groupe nous apprend que « I tread on your grave » conte l’histoire de motards dessoudés et revenus à la vie bien décidés à se venger à l’aide d’une armée de pairs. Un scénario très seventies qui sert de prétexte à onze titre bien graisseux entre stoner, hard rock et blues rock, pour un total de 36 minutes pied au plancher. Inutile de chercher une once de dixième d’originalité ici : on est sur du connu, de l’établi, du traditionnel. Riffs lancinants, rythmiques qui sentent bon l’asphalte cramé, batterie qui bat le fer tant qu’il est chaud (et il l’est, le bougre !), tout concorde à donner à « I tread on your grave » le look d’une bonne bande-son de film de genre à la Tarentino, ce qui est totalement assumé par le combo. La petite surprise tout de même, c’est la reprise du « Moby dick » de Led Zeppelin, solo de batterie compris bien entendu. Une version forcément plus musclée, réduite à 5 minutes et des brouettes, ce qui ne fatiguera pas trop les réticents à la démonstration technique (d’ailleurs moins impressionnante ici) et permet de fermer le disque sur une note rafraîchissante (enfin, tout est relatif, mais vous m’avez compris). Bref, on a là un bon disque « pour la route » (ou ce que vous voulez, mais avec modération), dans lequel les Death Wheelers a eu l’intelligence d’insérer ça et là des samples de dialogues de films qui renforcent la cinégénie. Pas démentiel, mais assez fun pour qu’on s’y laisse prendre, voici une carte de visite motivante autant pour le groupe que son auditoire.

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The Death Wheelers : I tread on your grave

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YOB : Our raw heart

Oui, Yob est un secret de moins en moins bien gardé de la scène sludge doom. Enfin, scène, c’est vite dit. En effet, rien ou presque ne peut rapprocher Yob de ses petits camarades de jeu. Du moins, beaucoup de choses les en éloignent. Yob produit une musique puissante, heavy en diable, aux riffs d’une profondeur abyssale mais aux ambiances pas si lugubres que ça (même si certains morceaux sont bien crapoteux). Et le fait avec une conviction qui force le respect. Et une générosité certaine, aussi. Et, oui, ce terme peut bien sûr s’appliquer à la durée impressionnante de ce neuvième album (une heure et treize minutes), mais aussi et surtout à l’attitude du groupe sur scène et hors scène. Oui, Yob est un ramassis de gens sympas. Pourtant, malgré toutes leurs qualités, leur musique n’est pas la plus populaire qui soit. Pourquoi ? Parce que Yob n’aime pas choisir entre accessibilité, brutalité, mélancolie, lourdeur et moments plus planants ; il fait tout ça à la fois, le fait bien et sans chichi. Alors oui, ça peut déstabiliser au premier abord, mais franchement c’est tout ce qui fait le charme d’un disque comme « Our raw heart ». Comme à l’accoutumée, il s’agit d’une somme de riffs telluriques et de vocaux vagabonds, oscillant entre growls et lignes mélodiques en chant clair. On pourrait évoquer bien des formations post hardcore ou post metal à l’écoute de ce nouvel album, cependant Yob conserve une personnalité unique. Pas toujours facile d’écoute mais passionnant de bout en bout, voici une (autre) bonne raison de remercier la bonne étoile qui veille sur Mike Scheidt, récemment sorti d’une diverticulite.

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