HYRO THE HERO : Flagged channel

Hyro, rappeur de Houston ayant choisi de mélanger sa passion pour le hip-hop avec celle pour le rock, nous revient après un long hiatus de 7 ans. Comment je le sais ? Parce que je dois être par ici l’un des rares à avoir jeté une oreille sur « Birth, school, work, death » et même à l’avoir sur mes étagères à cd. Bien sûr, à l’époque, le style était assez différent (d’où le changement de nom, de « Hyro da Hero » à Hyro The Hero »?). En quoi ? Et bien, si ce premier album posait les bases d’un genre un peu maladroit, mélangeant la diction d’un Eminem au rap rock d’un Kid Rock, il restait très ancré dans le hip-hop. Ici les influences ont changé / évolué, mais sont toujours clairement identifiables. C’en est même parfois gênant, et c’est nonobstant très bien fait : « We ain’t afraid » (et plusieurs autres, d’ailleurs) est calqué sur Rage Against The Machine, gimmicks compris. « Killas are comin » sent bon le Skindred. On croise aussi des influences Limp Bizkit première période, Downset ou Urban Dance Squad. Bref, on pourrait facilement taxer Hyro The Hero de vil plagieur, d’opportuniste. Mais voilà, le rap metal, ça a toujours été son truc, et il n’a finalement pas trop surfé sur la vague, en peaufinant bien ce deuxième album (certes assez cousu de fil blanc), alors qu’il aurait pu multiplier les sorties pour tenter de damer le pion aux Hollywood Undead et autres combos nouvellement apparus sur la « scène ». Alors, verdict ? « Flagged channel » sort largement la tête de l’eau, Hyro a digéré ses influences et sait s’en servir pour produire des titres puissants et efficaces. Les titres de cet opus sont donc à recommander aux nostalgiques comme aux nouveaux convertis, leur principale force étant de se voir portés par un vrai mc qui kiffe le metal plutôt qu’un metalleux converti au rap.

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Hyro The Hero : Bullet

BODY COUNT : Bloodlust

Comme beaucoup, je croyais Ice-T définitivement rangé des voitures, à cachetonner tranquille dans la série New-York unité spéciale. Et voilà que le jeune père (eh oui) remet en selle Body Count pour un sixième album. Malin, le bougre a mis toutes les chances de son côté en invitant du beau monde sur ce disque : Dave Mustaine (« Civil war »), Max Cavalera (« All love is lost »), et Randy Blythe, hurleur de Lamb Of God (« Walk with me ») et en revisitant Slayer (« Raining in blood / postmortem 2017 »). Mais finalement, et même si ces éléments revêtent une importance certaine, « Bloodlust » ne peut pas être réduit à ce concentré de bonne utilisation du réseau. Car oui, ce disque est la meilleure chose que j’ai entendue venir du groupe depuis des années. Les titres y sont massifs, puissants, directs et percutants. Body Count évite précautionneusement les bavardages inutiles, les auto-références foireuses (« Bloodlust » est sensiblement plus moderne et carré que ses aînés), le rap métal pataud (on a ici du pur crossover). Pour moi qui avait baillé d’ennui devant « Manslaughter », c’est une surprise de taille, et une bonne. Ice-T donne une leçon de longévité et prouve que la maxime « si c’est trop fort, c’est que t’es trop vieux » n’est pas encore faite pour lui.

Paroles de l’album

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Body Count : Black hoodie

Body Count : No lives matter

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INSANE CLOWN POSSE : The marvelous missing link (lost)

icp_themarvelouslost

Insane Clown Posse est un groupe sympathique, et probablement précurseur des (relativement) récentes évolutions du hip-hop vers l’univers du rock et/ou de l’horreur. Mais ça reste un groupe de seconde zone, n’en déplaise à ses fans. Alors oui, je l’écoute quand même. Mais j’avoue que c’est plus par curiosité de voir où en est le combo auteur de « The great Milenko » que par conviction ou même espoir d’être soufflé par son talent. Play. Une longue intro narrée nous amène à « Lost » où j’ai du mal à reconnaître le combo ; entre crunk, southern rap et hardcore, utilisant autant de chant que de flow, sur un fond rap rock plus travaillé que dans mon souvenir. Bizarre mais encourageant. « Apocalypse » est bâti sur le même modèle. Arrivé à « Shock », ce qui s’avérait une force commence à être une rengaine, et à devenir gonflant. « Confederate flag » est heureusement beaucoup mieux foutu, avec un chouette refrain ; ça sent le single. « Vomit » ne convainc pas, mais « Falling apart », « How » et « Explosions » font le job. « I’ll keep my hatchet » sent le remplissage. Pas mieux pour « Neighbours are fighting ». « You should know » est assez bien foutu, même si son gimmick vocal m’horripile. « Flamethrower » s’avère juste moyen. Et enfin, « I see the devil » clôt le disque en beauté, s’avérant certainement le meilleur titre du disque. Bon, le bilan est mitigé, mais pas si mauvais. ICP reste un groupe qu’on ne peut que trouver sympathique, avec certains atouts et un univers bien à lui. Mais il a aussi pas mal de faiblesses, ce qui le maintiendra dans la catégorie des petits bras. Jusqu’au prochain ?

Site officiel

Paroles de l’album

Insane Clown Posse : Explosions

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Cold World / Sean Price : How the gods chill

BODY COUNT : Manslaughter

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La musique, comme la mode, fonctionne par cycle, on le sait. Alors le retour du rap metal, pourquoi pas ? Ça ne m’étonne pas vraiment. Ce qui m’étonne plus en revanche, c’est que ce retour sur le devant de la scène se fasse par le biais de Body Count. C’est que je pensais papy Ice-T rangé des voitures, et puis il y a aussi le fait que la musique des américains, aussi défoulante fut-elle, n’a jamais cassé des briques après son premier album, ou à la limite après « Violent demise ». Pour ceux qui n’auraient jamais été confrontés au « phénomène » Body Count (soit un groupe 100% black jouant du metal bien burné, une révolution à l’époque), le combo, ou ce qu’il en reste, la plupart des membres originels ayant passé l’arme à gauche, donne dans le crossover rap – hardcore metal efficace et groovy, mais pas, alors pas du tout futé. « Manslaughter » est aussi prévisible que limité, le disque d’un groupe qui court après une gloire passée en proposant une suite pataude riche en riffs, thèmes et gimmicks déjà entendus. Bof.

Paroles de l’album

Site officiel

Body Count : Talk shit, get shot