KEYGEN CHURCH : Generate

Apparemment, y’en a qui ont du temps libre. Non content de gérer à lui seul Master Boot Records, l’artiste derrière ce projet très productif nous arrive aujourd’hui avec une nouvelle entité répondant à peu près aux mêmes obsessions : mixer neo classique (ici, le piano mène la danse), chiptune, metal et, surprise, orgue à tuyaux. Ce qui n’est pas une surprise, en revanche, c’est l’excellence du rendu. Drôle de mélange à vrai dire, car sur ce coup-là, les réfractaires à l’un des éléments ne pourront pas faire l’impasse dessus. Surtout les parties de piano, omniprésentes pour le coup, et vraiment prenantes. On pourrait d’ailleurs facilement confondre ce disque avec un récital : écoutez « Baqua irefdi, baqua edgieri, fad ibcalligara », c’est assez parlant. Le point noir, si vraiment je devais en déceler un, serait une relative répétitivité. Mais encore faut-il ne pas être subjugué par la musicalité du musicien mystère pour le regretter… Et ce n’est pas mon cas. Tragique et belle, la musique de Keygen Church ne se pare de synth metal et d’orgue que pour insister sur certains passages. La plupart du temps le piano se suffit à lui-même. Et on ne souffre même pas du manque de chant (ah, je ne vous ai pas dit que le projet est 100 % instrumental ?). Voici donc un premier album bluffant à mettre entre toutes les oreilles à condition que celles-ci soient averties et conciliantes !

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DANCE WITH THE DEAD : Loved to death

Ce que l’émergence d’un style a de bon, c’est qu’elle permet de déloger des cavités certes confortables mais cavités quand même les anciens de la scène, ceux qui ont contribué à la créer et la faire perdurer durant des années et qui souvent ne sont pas ceux qui récoltent les fruits d’un subit (re)gain de popularité. Aujourd’hui, alors que sort le huitième album studio des américains de Dance With The Dead, il est temps de se pencher sur leur cas. Nous avons donc ici un duo californien qui pratique une synthwave à large tendance dark, mélangeant rythmique synthwave / dance-pop à de grosses influences metal, à renfort de guitares hurlantes. Ajoutez à ça l’habituelle imagerie horrifique, et vous aurez une idée assez précise de ce que je tiens entre les oreilles. A ceci près que tout ça est conçu avec une expérience certaine, même si le duo est relativement jeune (formé en 2013), et donc Dance With The Dead sait comment placer ses pions sur l’échiquier de la dark synth pour garantir à ses fans à la fois de la personnalité et des titres percutants. Etant donné les références cinématographiques, la comparaison avec un Carpenter Brut s’impose, mais les deux formations tracent des sillons différents bien que parallèles. « Loved to death » est un album bien calibré, et équilibré entre titres enlevés et autres plus calmes (l’ensemble restant assez énergique). Pas le meilleur album du groupe mais un bon disque tout de même.

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