OBLITERATE : Impending death

Vous connaissez le deathcore ? Non, mais vous excitez pas hein, c’était une question rhétorique. Il faut dire, que je vous en fait bouffer, du deathcore. Et dites-vous bien que c’est le quart de ce que j’en ingurgite. Obliterate, donc, est un combo canadien qui nous gratifie ici d’un deuxième album direct, brutal, technique, aux délicates incursions mélodiques. Ah ben oui, ça, sur le papier, ça ressemble fort à la musique de ses petits camarades. Et en plus, c’est pas faux. Mais voilà, les petits ajouts susmentionnés font leur office, et il en ressort que « Impending death » est une petite sucrerie agréable en bouche. Pas révolutionnaire (mais peut-on vraiment l’être dans le genre ?), ce nouvel opus tient quand même ses promesses, et ce en faisant juste un pas de côté, ce qui s’avère assez malin. Et fait (presque) oublier qu’une demi-heure, c’est quand même bien court pour le genre. Mais sans rancune les gars, continuez à mouliner sur vos ukulélés et vos tambourins comme sur ces huit titres, et on continuera à vous suivre !

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Obliterate : Impending death

EXHUMED : Death revenge

Et de six pour les gore-addicts d’Exhumed. Oui, mais cette fois, je ne vais pas pouvoir me contenter de vous affirmer que ce disque suit les précédents à la trace et qu’ils sont interchangeables bien que tous très bons. Enfin, pas exactement. Certes, le death metal rétro du combo est tout à fait identifiable. Ce qui change ici, c’est la volonté de raconter une histoire. Horrible certes, assez classique dans sa forme également, mais une histoire. Et ça, c’est une révolution pour Exhumed. Bref, nous avons affaire à un concept-album, comme en attestent les très bons interludes, intro et outro, auxquels les ricains ne nous ont pas vraiment habitués, et qui ponctuent le disque de belle manière. On remarquera aussi un son plus granuleux, moins sec que par le passé, et quelques côté plus grind qui lui vont assez bien au teint. Au final, ce nouvel opus s’avère, et ce même s’il est un peu moins chargé en riffs évidents que ses grands frères, une vraie bonne surprise. Et de la part d’une formation qui jusqu’ici se contentait d’aligner les bons disques sans grande imagination, c’est un pas de géant !

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Exhumed : Night work

Exhumed : Lifeless

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ARCHSPIRE : Relentless mutation

Dans la famille monstre de virtuosité et de vélocité, je demande Archspire. Avec son « flow » digne d’un Busta Rhymes, Oli Peters semble mener la danse, et c’est vrai que son organe est impressionnant d’élasticité et d’adaptabilité, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Parce que derrière, ça carbure et ça mouline comme un Necrophagist des grands jours. Basse, batterie et bien sûr surtout guitare sont absolument magistrales, alignant en trente petites minutes plus de plans qu’un autre groupe en 10 ans de carrière. « Relentless  mutation » est terrassant de bout en bout, mais je le trouve plus accessible et accrocheur que « The lucid collective » même s’il en suit les grandes lignes. On peut en tout cas remarquer que l’ensemble sonne plus clair, et c’est particulièrement vrai pour le chant. Un titre comme « Remote tumour seeker » pourrait même être qualifié de hit tant il se montre mélodique. Et la basse, trop discrète à mon goût (mais c’est toujours le cas) est un délice. Alors oui, « Relentless mutation » est une tuerie, et le meilleur disque du groupe à ce jour. On peut certes lui reprocher de trop en faire, ou d’utiliser des recettes trop éprouvées, mais franchement, si c’est pour aboutir à un tel monument, je signe des deux mains !

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Paroles de l’album

Archspire : Involuntary doppelgänger (lyrics video)

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CATTLE DECAPITATION : Anthropocene extinction

CattleDecapitation_TheAnthropoceneExtinction

Le grindcore est un genre peu facile d’accès, même pour le metalleux moyen, et ça, Cattle Decapitation l’a bien compris. Ou tout simplement, il s’en fout et n’en fait qu’à sa tête. Le résultat est le même ; depuis sa formation en 1996 à San Diego, le combo américain mélange allègrement son genre de prédilection à un peu tout ce qui lui passe sous la main et qui fait du bruit (death, black, thrashcore, heavy), pour aboutir à un résultat qui au final autant à l’un qu’à l’autre. Ce septième album ne change en rien le modus operandi du groupe, qui délivre une musique agressive, intense et souvent inattendue. Car ici, sur fonds de message profondément anti-humain et pro-animal, on saute du coq à l’âne, on hurle sa haine comme elle vient, sans se soucier le moins du monde de la logique ou de l’homogénéité. Et finalement, on ne s’en plaindra pas. certes, on ne comprends pas toujours ce qui nous arrive, jamais ce qui nous attend, mais ça permet de ne pas se lasser, même si le groupe a malgré lui des automatismes qu’on retrouve de titre en titre. Comme ses aînés, « Anthropocene extinction » est un disque qui demandera plusieurs écoutes pour être assimilé, tant il regorge de nuances et de richesses. Mais qui, comme ses aînés, vaut largement qu’on y revienne et qu’on prête attention autant au fond qu’à la forme !

Paroles de l’album

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COLUMNS : Please explode

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Columns : Punching nancy grace